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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 09:50

 

Les couleurs du fondement. (4° Partie)

 

 

 GRIS, l'espace de la raison sensible, dans lequel Michel Maffesolice Sociologue inventif, essaie de nous situer afin de créer un espace intermédiaire, une pensée médiatrice entre l'aridité du concept et la pente déclive des passions.

 

GRIS, l'espace géopoétique dont Kenneth White a été l'heureux concepteur :

Ce monde géopoétique situé à l'épicentre de la trilogie ErosLogosCosmos, soit à l'intersection de l'amour, du langage-raison, de l'univers. Il crée un "monde", celui de l'union harmonieuse de  l’esprit et de la Terre.

 

GRISE est encore l'étonnante Chôra platonicienne qui instaure un espace intermédiaire de gestation entre l'être absolu et l'être relatif, lieu de bien des supputations et de thèses intellectuelles, mais seulement préhensible par la voie de l'intuition. Car, comment "imaginer" le passage du "rien" au "quelque chose" sans faire référence à cette "nourrice primordiale" dont le sein symbolique ou halluciné, donnerait lieu et place au devenir, à l'exister en son merveilleux déploiement. 

 GRISES les coïncidences des opposés (voir/être vu; le repos/le mouvement; le fini/l'infini,…) où s'immolent en un même creuset ce qui, par nature, semblait antinomique, livré au grand écart, inconciliable à jamais. Partant de ce qui nous est proposé d'appréhender dans le monde du fini, nous nous disposons, dans une démarche purement cognitive, à la compréhension de l'infini, lequel est, par définition, toujours à envisager dans toute opération d'intellection. La contradiction est une détermination interne à la raison discursive. Or,  N. de Cues prétend dépasser les mots pour dire l’être. Nous ne saurions mieux projeter pour dire le Sens. Et, pour mieux percevoir le propos du Penseur médiéval, prenons un exemple simple, celui de la paix. On ne peut penser le problème d'une paix concrète entre les peuples sans en avoir une perception en même temps abstraite de l'ordre de l'éthique, donc "infinie".  Or l'éthique n'est jamais perceptible "directement", mais seulement en raison d'une opération de l'entendement et, pour être tout à fait complets, de l'esprit, aussi bien que de l'âme en ses multiples acceptions.

 

GRISE L'hypothèse Gaïa.

 

Cette séduisante hypothèse dont nous ne nous hasarderons  pas à dire si elle nous paraît épistémologiquement recevable, présente la Terre comme un organisme vivant, doué de conscience, d'intention, ceci pour les avancées les plus radicales de ce concept.

Cette idée de "Terre animée" a toujours hanté l'imaginaire humain. La plus belle expression en étant, sans doute, le point de vue du pionnier de la "conscience environnementale"Henry David Thoreau situant la Terre dans une perspective spirituelle assez semblable, dont le contenu, sans doute teinté d'un lyrisme débordant, marqué du sceau du plus foncier vitalisme, n'en demeure pas moins étonnante, mais aussi enthousiasmante en ces temps d'obscur consumérisme :

 

" La terre que je foule aux pieds n'est pas une masse inerte et morte, elle est un corps, elle possède un esprit, elle est organisée et perméable à l'influence de son esprit ainsi qu'à la parcelle de cet esprit qui est en moi. " 

 

 Cette hypothèse, pour hasardeuse qu'elle paraisse, présente l'indéniable avantage de nous donner à penser de quelle façon peut s'opérer le fameux passage d'un processus biologique à un processus de l'ordre de la psyché.  On reconnaît là le mythe de la Terre-Mère traversant de nombreuses civilisations, notamment chez les peuples célébrant les cosmologies amérindiennes. L'hypothèse Gaïa semble signer une manière de retour vers une mystique, sous des apparences scientifiques. De telles émergences dans la pensée contemporaine apparaissent comme des remises en question des thèmes de la modernité, laquelle, à partir de Descartes s'est orientée vers un réductionnisme résultant d'une séparation du corps et de l'esprit. Beaucoup d'esprits éclairés, évoquent l'urgence d'un retour à un plus juste équilibre permettant de repenser le sens de l'homme dans la Nature, ce qui, pour notre propos, s'énoncerait de la manière suivante : "Plutôt que de persister à vivre , l'Homme devrait s'essayer à exister". Formule elliptique s'il en est, dont la forme aphoristique convient bien à une nécessaire condensation de la pensée.

 

 

  

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