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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 17:11
Si belle dans votre tailleur.

Si belle dans votre tailleur de laine grège.

A peine une apparition

dans le calme du parc.

Vous sembliez songeuse,

A mille lieues de vous.

Perdue, en somme.

Vous reposant, un instant,

Sur mon assise verte.

J’ai senti votre soie glisser,

Votre chaleur couler en moi.

Délices.

J’en étais retourné jusqu’en mon âme.

Oui, le bois a une âme, fût-elle invisible.

Vous dire dans quel chamboulement …

C’était la première fois,

cette abolition du temps

et la perte de mes propres limites.

Longuement, vous avez fumé

et je regardais les volutes

se dissiper dans l’air gris.

Et je pensais à ces heures longues,

Privé de vous.

Car vous alliez partir.

De cela je ne pouvais douter.

Partie et nul ne venait.

Sauf, parfois, un égaré

Lisant quelque revue.

Si longues les secondes

Dans le jour étroit.

Si immobiles

Les nuits privées d’étoiles.

Car, voyez-vous,

Il n’y a plus d’étoiles.

Aucune !

Si belle dans votre tailleur.
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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:43
Fiché dans la terre.

Ici, fiché dans la terre,

avec si peu d’espoir de devenir.

Vous passez et ne me voyez pas.

Vos yeux sont inféconds

et vos lèvres muettes.

Mon ombre est si courte

en ces temps hivernaux.

Bientôt, à mes pieds,

la flaque sera de rouille

Et mes branches dépouillées.

Nervures, seulement,

Mémoire de ce que je fus.

Votre silhouette est si fuyante

dans le jour qui baisse.

A peine plus que la fuite du vent.

Notre sort est commun.

Votre effeuillement,

Une affaire d’heures.

Le temps est si présent

Qui compte notre destin !

Fiché dans la terre.
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