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26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 08:31
D’une Intimité-Simplicité l’autre

« Coucher de soleil aux Andelys »

 

Félix Vallotton

 

***

 

« Du retrait de Soi à l’ineffable parution de la Nature »,

 

   tel pourrait être le sous-titre dédié à cette belle peinture. Mais il nous faut partir de l’avant-parution, du sens non encore constitué, d’une manière de chaos précédant toute mise à jour des choses en leur être le plus affirmé. Imaginez ceci : du noir, du noir compact en lequel nulle trace de lumière ne s’agiterait en quelque invisible endroit. Du noir plus que noir. Ce noir, cependant, est-il vide, inhabité, simple non-couleur réduite à sa portion congrue ? Nullement ! Ce noir est habité, mais dans l’indistinction, mais dans la forme d’un sombre marigot où se multiplieraient, en toute illogique, des êtres sans nom, sans histoire, sans contours qui les rendraient palpables, discernables. Imaginez encore, si du moins vous le pouvez, un étrange emmêlement de membres pareils à des tentacules, quelque chose qui grouille dans l’ombre, quelque chose d’aveugle ne possédant, en guise d’yeux, que de vagues protubérances scellées, fermées à tout ce qui pourrait venir de l’extérieur, essaierait de se donner en tant que possible altérité.

   Forez encore votre faculté imaginative, donnez à ces Enténébrés, une sorte de vis-à-vis, nullement informé définitivement, seulement en voie d’émergence, venant du plus loin d’un non-temps, d’un non-espace, une manière de lourde inconséquence inconsciente du destin qui pourrait lui advenir, si par hasard, une étincelle de signification pouvait en pénétrer la pesante incertitude. Puis, pareil à un étrange face à face, venue du fond de l’invisible, vous devinez quelque chose de semblable à une évidente aporie : une paroi de suie en laquelle, comme sur une plaque photographique vierge, nul grain d’argent lumineux ne viendrait animer la présence, de simples linéaments d’ombre glissant parmi d’autres linéaments d’ombre. Ici, la tautologie s’imposait par son étrange radicalité, par sa pesante charge d’indétermination absolue.

   Que cette description vous paraisse confuse, c’est bien le moins qu’elle puisse faire. Mais, parfois, faut-il prendre comme fondement l’incompréhensible, l’illisible sur lesquels, faisant fond, le compréhensible, le lisible, enfin une clarté vienne au jour, d’où l’intelligible fera sens, renforcé par ce qui ne paraissait ne nullement en avoir. Loi des contrastes et des oppositions. Loi des contraires qui est celle, sans doute, la plus efficiente du devoir d’exister.

   Et puisque, ci-avant, nous évoquions la plaque photographique, utilisons-là en tant que métaphore du récit qui va suivre. Sous la lumière d’aquarium jaune de la lampe inactinique, dans le silence du laboratoire photographique, au milieu secret de la plaque de verre, la gélatine s’anime peu à peu de formes énigmatiques. Oh, rien de bien précis qui nous mettrait sur la piste d’en deviner l’étonnante matière. Cependant, dans une sorte d’impalpable clair-obscur, l’inimaginable, l’invraisemblable commencent à paraître sous un aspect devenant, petit à petit, interprétable. Le nœud gordien, tentaculaire, vous vous souvenez, commence à se délier en même temps que, perdant certains de ses attributs, il cherche à se simplifier, à devenir une configuration simple pouvant trouver à s’insérer dans le lexique mondain. D’une manière totalement symétrique à cette sortie de l’imago de sa nymphe, sur la face qui reflète cette étrange créature à laquelle nous avons à faire, la paroi ci-dessus évoquée commence tout juste de sortir sa torpeur nocturne. Pour l’instant, un simple dépliement, une flottaison d’aurore boréale dans un ciel d’Émeraude et de Lichen au centre d’un jour peu assuré de lui-même.

   Donc, maintenant, il nous faut porter à la visibilité ce qui demeurait celé en soi, comme si un mystère devait précéder toute parution de choses prétendant à l’exister. Le motif précédemment décrit ne se laisse concevoir qu’à la manière d’une allégorie chargée de nous dire le centre exact de la Vérité considérée sous le seul angle qui vaille, le concept grec « d’ alètheia », qui indique le nécessaire dévoilement des choses, leur extraction d’un lourd oubli, le devoir que nous avons, vis-à-vis du réel, de l’extirper de ses ombres natives, de le porter à la claire dimension d’un supra-lumineux qui serait l’autre nom de cette Vérité si souvent négligée, si souvent piétinée sous la fureur humaine, laquelle lui préfère le jeu des apparences, la ronde des illusions, la comédie du simulacre. Non, décidemment, il nous faut apprendre à voir la Vérité en son essence plénière, cette illumination qui, en raison de sa puissance, de son évidence s’inscrira au centre même de notre chair, la portant à la dignité d’un Principe, d’un incontournable Universel.  

   Munis de ce précieux Sésame qui fait de la Vérité le centre de notre recherche, nous reportant dans ce passé proche qui nous présentait ces légendaires Enténébrés comme la seule forme possible de manifestation et, face à eux l’énigme d’une Paroi verticale digne de l’obscurité du Sphinx lui-même, il nous est demandé de démêler les fils embrouillés de la pelote, de sortir du labyrinthe, de nous ouvrir au plein jour de ce qui signifie et attire la gratitude de notre regard. C’est maintenant seulement que nous allons mettre en scène cette belle peinture de Félix Vallotton intitulée « Coucher de soleil aux Andelys » dont nous serons nous-mêmes, Vous Lecteurs, Nous Auteur, les Observateurs privilégiés, soucieux, face à cette œuvre,

 

de n’apercevoir en elle que de la Vérité,

soucieux, identiquement,

de ne voir en nous, que de la Vérité.

 

   Vérité contre Vérité, la seule façon de nous y retrouver avec l’Art, de nous y retrouver avec nous-mêmes les Regardeurs de l’Art. Donc les Enténébrés, n’étaient, symboliquement parlant, que la foule des Anonymes se pressant dans la salle d’un musée pour y découvrir cette œuvre, laquelle œuvre se donnait sous les traits de cette verticale paroi teintée, uniquement, de suie.

   Parvenus à ce point de l’exposé, il nous reste, de façon à clarifier les choses, à poser la thèse suivante :

 

la découverte de toute œuvre d’art

ne peut se faire qu’en Vérité

(Vérité de l’œuvre consonant avec

la Vérité des Voyeurs de l’œuvre),

sous les conditions nécessairement réunies

d’un face à face de deux solitudes :

celle de l’œuvre,

celle du Voyeur,

dans le simple et le recueilli.

 

   Toute autre solution qui s’écarterait de ces conditions n’aboutirait qu’à une fausse vision de l’Art qui, par simple phénomène d’écho, serait aussi fausse vision de Soi. Aussi, le grouillement des Enténébrés voulait dire le danger de la multitude, le plus souvent bavarde et inattentive, au regard de laquelle ne pouvait paraître que la dimension enténébrée, elle aussi, de l’œuvre visée inauthentiquement. Ce que la suite de l’article essaiera de montrer : deux clartés se faisant face pour une réelle venue à la clarté de l’Art. Reprenant ici notre suggestion de sous-titre :

 

« Du retrait de Soi à l’ineffable parution de la Nature »,

 

   ceci souhaitera exprimer la condition sine qua non d’une mise en retrait du Soi du Regardeur, afin que la justesse de sa vision donne plein champ au surgissement du paysage en tant que dimension toujours ineffable de la présence de la Nature. Autrement dit « l’ego cogito » le cédant à « l’ego aesthetica », dissolution du pur égoïsme, dans cette générosité de la confluence des affinités qui n’est, en toute exacte considération, que la convergence du sens, sa focalisation bien déterminée en un point de l’espace, en une étincelle du temps.  

  

   [Petite incise explicative : Vous ne serez sans vous étonner de ce passage des Enténébrés à celui que l’on pourrait nommer Le « Clairvoyant », mais ceci n’a rien de mystérieux. Si les Enténébrés observaient, du fond de leur Caverne, les simples artifices et autres leurres qui se mouvaient sur les parois de suie, végétant dans une sorte de noir marécage parmi les emmêlements et complications d’un archaïque exister, notre volonté d’Auteur a été de substituer à cette Foule primitive, la présence infiniment claire, infiniment rationnelle de ce « Clairvoyant », le titre de son nom est révélateur de cette vision droite, lucide qui est la marque des âmes simples mais exigeantes, mais en quête de vérité, ces âmes qui donnent corps au paysage qui fait face dans une directe relation duelle,

 

Essence de l’Homme

en rapport

avec l’Essence de la Nature.

 

   Nul ne se trompera qui prétendra avoir affaire ici à la pointe d’un Idéalisme situé dans une perspective platonicienne, lequel, désobstruant le réel, fait apparaître ses racines et nervures hors de toute ambiguïté : une évidence se donne dans la sublime intuition de l’instant présent.]

   

   Dès ici, nous cèderons la place à cet Énonciateur anonyme, Clairvoyant donc, lequel entretiendra un colloque singulier avec la seule chose qui fasse immédiatement sens, hic et nunc : la relation et la nécessaire coalescence de deux réalités n’en faisant plus qu’une :

 

Sujet-Œuvre

Œuvre-Sujet,

 

comme si, de tous temps, cette unité avait été requise pour l’expression d’une surgissante Vérité. Donc, Je, Enonciateur anonyme, identique à une visée Universelle des choses, Je regarde comme par une meurtrière ce visage du Monde qui vient à mon encontre. De la clarté de mon regard dépend la clarté homologue de ce que je vise, ceci qui ne se désoperculera qu’à être reconnu en sa présence indubitable, la plus sûre, la plus exacte. Le ciel est très haut, à peine visible dans sa teinte pleinement aurorale. Du plus haut, descendant vers un degré moyen, une superposition de bandes se donnant selon un doux camaïeu : gris de Cendre avec de vagues touches de bleu puis un rose indéfinissable jouant de Dragée à Cuisse de Nymphe, dans une manière de vibration intime, d’hésitation qui dit, en murmure, la crainte du déploiement face à une Communauté, à une Multiplicité qui n’en percevraient que le seul chromatisme à défaut d’y deviner la fragile coquille de l’Être. Nature de l’Être en voie de venir en présence, en chemin pour ce qu’il a à être depuis la longue et secrète Nuit des Temps, une Origine se voilant sous son abritante Léthé. C’est ceci le regard sans fard, celui qui, plongeant sous l’écaille durcie, incendiée du réel, y décèle cette source native, y devine ce faible bruissement, lequel est venue des choses à leur propre profil, dissolution lente de leur initial mystère.

  

   Puis, issu de Cuisse de Nymphe, le Merveilleux Disque Jaune couleur d’or précieux, couleur de tournesol, celui qui, au milieu de l’agitation désordonnée des foules, au milieu du fourmillement continu des Existants, diffuse sa douce clarté (sa Vérité), débouche les ombres, fait briller les yeux des Amants, porte à sa révélation tous Ceux qui, sans lui, seraient restés dans la ténèbre de la Caverne, aveuglés par la torche des illusions, abusés par le spectre diffus des non-vérités, laissés à eux-mêmes au centre tourbillonnant du vortex qui, lentement mais sûrement, les détruira, les réduisant à la poussière d’une stalactite succombant sous la vanité de sa fragile puissance. Nul ne peut en fixer la brillante couronne qu’au risque de sa cécité :

 

Vérité est éblouissement

ou bien n’est rien.

 

 

    Tout est encore dans la retenue, dans la réticence de Soi à paraître, il y a tant de dangers, tant de couleuvrines, tant de chausse-trappes partout dissimulées qu’il faut certes chercher un orient sur lequel régler sa marche,

 

mais dans la prudence,

dans la voix se levant à peine du silence,

dans le corps se dissipant du néant

à la manière d’une brume.

 

   Au loin, les collines ne sont que la mesure avant-courrière d’un caractère plus soutenu mais leur dissimulation est encore patente en ces teintes pastel de Parme et de Glycine. La variation des tons, leur faible scintillation ne font que témoigner de la difficile venue aurorale de ce qui devient, alors que plus bas, sur Terre, une sombre rumeur habite déjà les poitrines, manière de tocsin intérieur manifestant le vivre en son plénier paradoxe :

 

avancer dans la vie

est avancer vers la mort.

 

 

   Là, au milieu de ce qui se donne en tant que réel, il me faudrait ménager une ample respiration, me retourner sur le chemin parcouru, chercher à deviner dans le passé ce qui, maintenant révélé, ne me questionne ni ne m’angoisse car j’en ai fait l’épreuve, ai accompli le saut qui me projette vers le futur. Moi, le Disant Anonyme, je suis le porte-voix des Faibles et des Démunis, le modeste fanal qui essaie de faire avancer les Inconnus vers leur destin, ce connu qui leur sera familier à mesure qu’ils progresseront.

 

Vers quoi ?

Ils ne le savent.

Vers qui ?

Ils n’en ont nulle idée

et pourtant c’est vers EUX

qu’ils cheminent,

en leur intime et

solitaire conviction.

 

   Nul ne peut leur apprendre à vivre, c’est leur seule et unique responsabilité. Tout comme ce paysage qui ne se dévoile qu’à l’aune de son possible. Nulle aide extérieure. Nul miracle, nulle main secourable qui viendraient les tirer de l’embarras. Et, ces Egarés, ces Perdus à eux-mêmes, qu’ils ne quémandent nullement le secours de quelque Religion, l’aide de quelque Gourou. Religion, Gourou, ne vivent qu’en eux, pour eux, leur sollicitude est feinte, leur charité adressée seulement à qui ils sont. De simples egos repliés sur leur singulier ego.

  

   Voyez-vous, ces idées qui tournent au sombre, au pessimisme, n’en cherchez nullement la raison en quelque fatalité qui guetterait, depuis toujours, le moindre de mes faux-pas. C’est seulement parce que, chutant des hauteurs éthérées (celles supposées détenir un savoir ancestral qui pourrait me sauver), chutant donc vers la Terre des Hommes,

 

y discernant des desseins obscurs,

y pressentant des désirs nébuleux,

y devinant de funestes projets

(notre Terre va à vau-l’eau,

court à sa perte),

 

   toute cette matière vile, toute cette substance traversée de lourds miasmes me confèrent un destin tel celui de l’infortuné Icare et je sens déjà la cire qui lie mes rémiges fondre comme neige au soleil et le sol se rapproche avec un bruit de rhombe assourdissant. Ma crainte, ma seule inquiétude, ne plus connaître que la froideur du mensonge, ne plus pouvoir discerner que ces fourberies sous lesquelles l’Humain courbe l’échine, le sachant mais feignant d’en ignorer la douloureuse existence.

   

   Mais, tout au long de ma péroraison, le Paysage-Nature attend patiemment d’être reconnu en sa plus vive confidence. Discrète la Nature qui vient à nous sur le mode du pas silencieux, talqué d’ouate. Aussi il ne faut rien risquer, aussi faut-il, avec elle, en son intime ressource, entreprendre une sorte de pas de deux où Chacun sera l’Autre, demeurant Soi. Mais un Soi agrandi aux limites de l’Univers, là où le concert des Étoiles, la giration des Galaxies viennent nous dire, en subtiles vibrations, en ondes super lumineuses, la Grande Beauté énigmatique de ce qui se donne à voir au plein de notre contemplation : La Merveille ! Mais il faut s’écarter d’un lyrisme trop facile, mais il nous faut revenir à ce qui, placé au sein même de notre conscience, en devient le centre aimanté, polarisé.  

   La rivière est un lacis Vermeil semblant immobile pour l’éternité. Sans doute, sous le couvert de la surface, mille vies discrètes, amibiennes, de l’ordre du pli, de la feuillure, de la sinuosité, mille diaphanes diatomées y trouvent-elles le lieu caché de leur être. Et, moi, l’Anonyme, loin de vouloir devenir le Malvoyant, me faut-il aiguiser la lame de ma conscience afin que rien ne puisse lui échapper, afin qu’archivant en ma mémoire ces abondances infinies de sensations, une richesse intérieure puisse trouver à s’actualiser, à rayonner, en elle, hors d’elle.

 

Être présent,

Infiniment

présent,

parmi

la belle

Présence

des Choses.

 

   Sur la rive droite, dans une manière de dialogue discret avec la Rivière, la masse sombre d’une végétation dense. Mais, si je puis m’exprimer ainsi, une densité légère, aérienne, laquelle n’a plus rien à voir avec la nuit de la Caverne. Les frondaisons se sont allégées au contact du jour levant, au contact de la brume Parme, au contact du souple frémissement de l’eau, au contact du disque solaire en sa neuve apparition. Puis, tout en bas du paysage, une guirlande d’arbres en boule, aimables sentinelles d’une eau complice, étale, bien disposée à être qui-elle-est car, ici, tout va de soi dans la plénitude et l’accomplissement. C’est à peine si, en lisière de l’herbe couleur de Lichen, se laisse percevoir le mince filet d’un chemin : on ne sait d’où il vient, où il va et, cependant la certitude d’un voyage serein se fait jour, que rien ne pourra effacer. Il est la contre image même de l’excès, de la surabondance, de l’agitation perpétuelle de ces « Frères Humains » qui n’ont de cesse de parcourir le globe dans toutes les directions de l’espace, ivres qu’ils sont de ces constants nomadismes, ivres qu’ils sont d’eux-mêmes, car ici se trouve la réponse à leur itératif désir d’être là, puis l’instant d’après, de n’y être plus, comme si la vitesse du déplacement était directement proportionnelle à la qualité de leur bonheur.

 

En réalité c’est

eux-mêmes qu’ils fuient,

incapables qu’ils sont de

se confronter à leur propre vérité.

 

   Alors, tels les moutons de Panurge, ils bêlent en commun, prenant leur bêlement pour le sublime accusé de réception de leur être. Mais vous l’aurez compris, plus ils bêlent de concert, plus ils se distraient de qui-ils-sont, plus ils se dissolvent dans le marigot du désêtre. Ils girent tout autour d’eux, tels des totons fous, incapables qu’ils sont d’interrompre le mouvement qu’ils ont eux-mêmes suscité.

   S’ils avaient perçu la nécessité de mettre en relation leur propre solitude face à la solitude de la Nature, seuls lieux

 

d’une possible Vérité,

Essence contre Essence,

Simplicité contre Simplicité,

 

   bien plutôt que de s’abandonner à la dispersion, ils auraient rassemblé leur être autour de ce reflet solaire qui glisse sur la feuille d’eau, ne confondant nullement pour autant le reflet avec son Origine, cet Astre Céleste qui,

 

tout à la fois est

Essence,

Vérité,

Plénitude.

 

   La perfection du cercle poudrant le cercle Humain d’une identique valeur signifiante. Rien, parmi les figures multiples de l’exister n'est comparable à l’Uni-Totalité, à la pureté idéale du Cercle en lequel tout est Harmonie, rien n’est division, rien n’est fragment. Certes, me direz-vous, j’agite de vieilles sornettes idéalistes, je ne fais que broder des billevesées, que courir après chimères et rêveries. Sans doute est-ce le cas de tout ce symbolisme qui traverse ce récit à la manière d’un songe. Mais, si l’on prend soin d’éclairer ce songe, d’en écarter les voiles, si on le considère avec suffisamment de rationnel, si l’on poursuit à son sujet une méditation-cogitation assez ferme pour n’être pure gratuité, alors c’est bien le songe en tant que Vérité qui se présentera à nous, dans sa nudité, pouvons-nous dire, tel cet émouvant mouton de Panurge qui, soudain délesté de sa lourde toison (ses errances, ses illusions), connaît enfin les secrets de l’allégie :

 

toute Vérité est à fleur de peau,

il suffit d’en vouloir saisir l’essentiel

qui, en même temps, est sa Beauté !

 

 

 

 

 

 

 

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