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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 10:56
Juste un souffle

 

« Trace »

 

Œuvre : André Maynet

 

***

 

 

Juste un souffle

 

 

Pouvait-on dire plus que cela

 Juste un souffle

Juste cette diaprure à la face des choses 

 

De l’invisible on ne saurait parler qu’avec maladresse

Pareil à l’enfant tirant les fils de sa marionnette

Pareil à l’Amant dévasté de ne point apercevoir

Le visage de l’Aimée

Une brume à l’horizon du monde

Un monde qui bientôt s’effacera

Laissant l’homme les mains vides

Sur le seuil du Néant

Dans la perte de Soi

Dans l’irréparable de ce qui fuit

Et ne saurait dire son nom

 

***

 

Pourquoi cette perte éternelle de l’être

Pourquoi cette douleur fichée

Dans le ciel de l’esprit

Pourquoi cette sourde rumeur

Elle gagne les profondeurs du sol

On en sent l’étrave ambiguë

Dans l’écorce des talons

 

***

 

Pouvait-on dire plus que cela

 Juste un souffle

Cette diaprure à la face des choses 

 

C’était un vent

Parfois un doux zéphyr

Se levant dans la trace humble de l’aube

Parfois un Noroit qui entaillait l’âme

Jusqu’à la limite d’un souci

Parfois un Harmattan

Et les lèvres saignaient d’effroi

Dans le temps qui venait

 

***

 

C’était un souffle

Qui portait le silence

De la parole

Un souffle qui disait l’immensité

De la pliure intime

Quelque part entre le buisson de la tête

Et le nid d’Eros

Simple lueur étincelant

Dans l’ombre dense du corps

 

***

 

On prêtait l’oreille

On ouvrait ses yeux

On tendait ses mains

Sur de l’inaudible

De la cécité

De l’inapprochable

Cela résistait

Cela fuyait

Cela demandait la longue patience

Du temps

L’abri de la nuit sans étoiles

La dimension de la grotte native

Avec ses hampes sauvages

Et ses échos marins

Cela demandait

 

 

Juste un trait

 

 

Pouvait-on dire plus que cela

 Juste un trait

Cette ligne infinie sans fin ni commencement

 

Que dire du trait en sa finesse absolue

Que dire de son abstraction

Qui nous dépouille de notre être

A seulement en observer la nudité

La ressource close dans sa forme même

Trait Pointillé Point de Suspension

Suspens

Dans la cavité de la tête

Et résonnent les enclumes

Et s’allument les forges

D’où naissent de bien étranges figures

Des caravanes de signes

Abortifs

Non encore venus à la présence

Significations tronquées

Elles résonnent dans la levée du corps

Avec les frimas d’un glas

Les glaciations de ce qui

D’habitude

Croît et fleurit dans l’air embaumé

Des fragrances du jour

 

***

 

Pouvait-on dire plus que cela

 Juste un trait

Cette ligne infinie sans fin ni commencement

 

 

On aurait cru une eau forte

Un cuivre si peu incisé par le burin

A la limite d’un renoncement

Quelques griffures

Comme si l’objet de la vision

Devait demeurer

Dans sa propre contemplation

Un secret à ne pas percer

Un bouton de rose

A ne pas déplier

Germe lové dans sa nacre première

C’était comme l’intervalle

Entre les mots

La césure du Poème

Sa vitale respiration

Le rythme qui le portait

Au paraître

 

***

 

Juste un geste

 

Mais pouvait-on demeurer ainsi

Avec la plaine de la feuille blanche

Sa peau doucement duveteuse

Etalant son silence

Sous la meute des doigts

Attendant d’être maculée

 De dévoiler ce qui

Depuis toujours dormait en elle

Ce frémissement en filigrane

Cette impatiente

De naître au monde

Pouvait-on

Question valait réponse

Hésitation demandait acte

 

***

 

Juste un souffle

Juste un trait

Juste un geste

Trilogie d’une apparition

Visible devenait Trace

Dans le reflux des formes

Juste l’ébène de la coiffe

Juste un lien pour en retenir

L’effusion

Juste deux points

Œil bouche

Juste une ligne sans fin

Un mouvement sans objet autre

Que le simple

Le mot disant en sa retenue

La phrase d’encre

Ses subtils linéaments

Ses doutes parfois

Ses reprises

Ses attouchements

Telle une caresse

Et voici que ce qui n’était pas

Dormait depuis toujours

Dans la face ensommeillée des Hommes

Se donne à voir

Dans l’évidence naturelle

Qui fait silence

Mais que nous entendons

Au creux même

De notre condition humaine

 

***

 

Toujours une trace

En Soi

En l’Autre

En le Monde

De ce qui fait Sens

Et nous requiert

Afin que s’éclaire

la Nuit primitive

D’encre elle aussi

Mais trop dense pour que

Nous en dévoilions

L’unique beauté

Toujours l’homme est convoqué

Pour parler

Tresser ce langage

Souffle Trait Geste

Par lequel se dit

Le phénomène

En son paraître

Seule offrande à laquelle

Nous puissions répondre

 

***

 

Nous sommes Mots

Que la plume révèle

Que la bouche prononce

Que le geste magnifie

Mots nous sommes

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 15:07
 Mystère du jour nu

Œuvre : Pierre Soulages.

 

Source : Le Blog de

peinture-abstraite-informelle.

 

 

***

 

 

Le Feu & la Flamme

 

Cela monte en nous

C’est le feu et la flamme

Cela exulte

Cela remue

Et les buissons d’eau

Les vergetures de la terre

Les effusions du sol

Clouent au silence

Epinglent à demeure

 

***

Comment être soi

Ici dans la chambre livide

Et nue

Alors qu’au dehors

Tout remue

Et demande

Son dû

Comment ne nullement

Céder

A la folie polychrome

Au luxe d’être à côté de soi

Sur l’étrange lisière

Où tout se dit

Dans l’abondance

Où tout se donne

Dans la mouvance

Des choses

Des êtres

En leur seule

Présence

 

***

Cela monte et descend

Cela fuse

Cela perle

Cela témoigne de qui vous êtes

En votre fond

L’Illimité qui jamais ne trouve

De route à son pas

L’Infini qui vous taraude

Le Vent qui vous traverse

L’Absolu qui fait son zéphyr bleu

 

***

Alors on questionne

L’éclair qui tonne au Ciel

La pluie de météores

Dans l’étincelante nuit

La fulgurance boréale

Là-bas au loin

Sur la courbe haute du Septentrion

On s’y perdrait presque

Dans la dérive lente

Des glaces hauturières

On s’y abîmerait

Dans les labyrinthes blancs

Du songe

On y disparaîtrait

Pour une vision

De l’Unique

Ceci qui nous interroge

Et jamais ne porte de nom

Peut-être n’en a-t-il pas

 

***

Combien de douleur

A ne pas connaître

A toujours douter

A tâcher de happer

Quelque haillon

De Vérité

Quelque faille

De présence

Quelque certitude

Hissée tout en haut

Du pavillon

Où ne flottent

Que les voiles souples

De la beauté

 

***

 

dans le noir qui brûle

Qui attise les paupières

Qui vrille les pupilles

On trace les déchirures

D’un savoir

On plonge les griffes acérées

Afin que

De cette incision

Naisse une parole

Se dise un mot

Peut-être vibre

Un silence

Se lève l’aube

D’une espérance

 

***

 

Ténébreuse l’encre

Qui coule en plein ciel

Bitumeuse la joie

Pliée dans sa rumeur

Sourde l’affliction

Qui étreint le cœur

Poudre l’âme

De cette lourde

Et inaltérable

Suie

Dont notre chemin

Est parsemé

 

Le Feu & la Flamme

 

Cela allume les feux-follets

De la conscience

Cela fait sa lumière diffuse

Cela creuse du clair

Dans la mine serrée

De l’angoisse

Cela rassure

Et c’est aussi démence

Que de croire

A la sublime donation du jour

A ses mains vierges

De tout crime

 

***

 

Même les Morts

Ont peur de la lumière

De la déchirure

De l’entaille qu’elle ouvre

Au cœur de la nuit

Mais les Morts veulent la Nuit

Mais les Vivants veulent le Jour

 

***

 

Notre corps est nocturne

Notre corps est mutique

Notre corps est soudé

Qui ne veut rien savoir

Du monde

Des hommes errants

Des mutilations

Qui lacèrent le réel

Cette taie endeuillée

Qui recouvre

Toute innocence

La réduit au Néant

 

***

 

Pourtant il y a des lumières

Du corps

 

*

Les yeux

La bouche

Les narines

Le sexe

Les pores

 

*

Mais ont-ils au moins

Appris à dire

Le désarroi de tout Vivant

Exténué à la tâche de vivre

 

***

Pourquoi tout ce noir

Pourquoi ce heurtoir

Toujours recommencé

Offenser la chair

Creuser la pulpe

Eclats de blanc

Brisures

Ecorchures

Rainures

Afin que cela parle

Que cela se montre

Que la plaine sombre

Voie le soleil

La crête de la montagne

Mesure l’adret

La profonde vallée

S’ouvre

A l’éclat

Au limpide

Au chiffre

Qui rend visible

Assoit sur le cercle

Des significations

Déploie l’être

Autrement que

 Dans sa dissimulation

 

***

 

Feu-Flammes

Trouant la bannière

Mortifère des nues

Trépan de l’esprit

Fouillant de ses diamants

La boue d’ébène et de cuir

Est-ce là le destin

Qui depuis toujours

Nous échoit

Autrement

Il n’y aurait

Que cécité

Et refuge

Dans

Le

Rien

Le Noir

L’Encre

L’Obscur

La Nuit

Nous les voulons

A seulement

En écarteler

Le corps

Muet

Oui

Muet

Oui

L’entaille

Du

Réel

Du Noir

Célébrons

La Beauté

Ouvrons-la

Au mystère

Du Jour

Nu

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 16:03
Don du Ciel à la Terre.

                  Photographie : Blanc-Seing.

 

 

***

 

A la Terre le Ciel a donné

Sa courbe infinie

Sa nuée d’étoiles

Le cercle d’air

Dont elle fait sa demeure

 

A la Terre le Ciel a donné

Sa couleur bleue

D’encre marine

Et de saphir

Dont elle se vêt

Tout uniment

 

Le Ciel est immense

Dont la ronde

Jamais ne s’arrête

Le Ciel est toute bonté

Qui jamais ne fait halte

 

Le Ciel est fabrique du Monde

Le Ciel est ressourcement

Le Ciel est Texte

Les mots y vivent

L’illimité

Empyrée

 

La Terre est cernée

Par le vaste horizon

La Terre murmure

Et souvent

On ne l’écoute

Ni n’entend sa plainte

 

Terre et Ciel sont en rapport

Terre et Ciel jouent en accord

Terre et Ciel ne pourraient vivre

L’un sans l’autre

Ajointement nécessaire

De l’un à l’autre

 

Terre et Ciel comme unité

A ne jamais dissocier

Terre et Ciel

Comme l’Amante et l’Aimé

Terre dans Ciel

Ciel dans Terre

Osmose des êtres

Dans leur sublime infinité

 

Mais les hommes sont là

Avec leurs regards

En forme de harpons

Avec leurs gestes

Tels des lianes

Leurs mains

Ciselées en diamants

Levées en trépans

 

Mais les Hommes sont là

Et leur insatiable curiosité

Fore jusqu’à l’âme

La pliure heureuse du limon

Incise jusqu’à l’infini

La donation unique du Ciel

 

Terre et Ciel à l’unisson

Que l’horizon relie

Goutte d’Espace et de Temps

Que le Poème ajointe

Dans l’illisible césure

De sa Présence

 

Ici

Une faille est comblée

Que souvent les hommes

Ne perçoivent point

Tout occupés qu’ils sont

A sonder leur Moi

A le polir tel un précieux rubis

Ce faisant ils oublient

Le Monde

Ils laissent dans l’ombre

Les mots qui unissent

Tout ce qui sur Terre

Vit dans l’extrême solitude

De n’être pas reconnu

De demeurer

Dans cette prose confuse

Qui a pour nom Chaos

Qui a pour vêture Néant

 

 

Les mots des Hommes distraits

Ne sont que répétition

D’une fable usée

Dont la trame ne se confie

Qu’aux Rares qui en font

L’expérience

Oui

L’expérience

A savoir faire entrer

La braise vive

Des choses

Dans la densité

De leur propre chair

Ici

Entre Ciel

Et

Terre

Là où se joue la partition

Exacte de l’Être

 

Mais les griffes vindicatives

Mais les yeux en forme de vrilles

Mais les pieds en larges battoirs

Mais les genoux

Aux génuflexions profanes

Ont semé leur résille d’effroi

Entendez donc la Terre gémir

Ecoutez donc le souffle abîmé

Du ciel

Cette longue déchirure

Pareille à l’Eclair

 

L’Eclair serait-il

Le foudre de Jupiter

La pointe avancée

De la vengeance des Dieux

Ces Essentiels

Ces Uniques

Que nous avons relégués

En leur mortel Olympe

Cette demeure qui

Faute d’être accessible

Aux Egarés

Se dissout dans les larmes

Du Ciel

 

Combien est grande

La Solitude des Hommes

Dans le Désert qu’ils ont semé

Combien l’affliction partout

Visible

Telle cette peau d’argile

Que lézarde l’humeur arsenicale

Du sans pitié

 

La Terre on l’a aimée

Puis labourée

Entaillée en profonds sillons

On l’a violentée

De son soc turgescent

On l’a engrossée de mille postérités

Qui n’ont su que l’assaillir

A la hauteur

De leur arrogance

De leur impudeur

 

Matrice vouée aux gestes mortifères

Jamais elle n’a retrouvé

La grâce originelle

Jamais la courbe docile

Jamais le limon salvateur

Pareil à la pureté du Lotus

Que l’eau putride

Porte à sa perfection

Dans le Jardin secret de l’Être

 

Le Désir des Insuffisants

A ôté à la boue sa plasticité naturelle

Son illimitée réserve de bonté

Il a épuisé la pureté

D’un corps immensément disponible

Et le Ciel est en attente de renaître

Avec Celle qui

 Fiancée Promise

Vit dans l’esseulement

Du Monde

 

Oui le Monde est seul

Et la Terre gercée

Durcie

Craquelée

Est cette plaie visible de l’âme

Seule  à se montrer

Aux yeux disponibles

Infiniment

Disponibles

 

D’eux on a un urgent besoin

Encore est-il temps

De s’adresser aux Dieux

Ils nous attendent

Du plus loin de leur souffrance

On a proféré leur mort

Depuis longtemps

Seuls sont

Morts

Les hommes qui ne savent

Entendre leur voix

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 14:39
Seul ce banc dans la levée du jour.

               Photographie : Blanc-Seing.

 

 

 

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Moi qui suis l’incorrigible

Nostalgique du temps

Le voir est un regret

Parfois une souvenance

Parfois un espoir

Qui se fait languissant

Et ruine mon cœur

L’instant infini d’une attente

 

Combien est loin le souvenir

De Toi

De ce conte que tu fus

De ce glissement

Pareil au vent de la taïga

Parmi l’égouttement blanc

Des bouleaux

 

De Toi

De ta fuyante apparition

Que demeure-t-il

Sinon un creux de silence

La décroissance du jour

Un crépuscule

Qui jamais n’en finit

D’égrener d’illisibles secondes

Et puis plus rien qu’un

Doute illimité

Qui pourrait te poser

Comme n’ayant jamais existé

 

***

Une photo de toi

En guise de témoignage

La claire chute de tes cheveux

Ce ruissellement qui comblait ma vue

D’un inouï spectacle

Ce front doucement bombé

Cette clarté de porcelaine

Les deux parenthèses cendrées

De tes sourcils

Ce nez si droit

L’image d’une vérité

Ces yeux d’opale

Une eau sous la nuée des nuages

Ces lèvres

Ce pastel inatteignable

Cette couleur réservée

Ce cou si docile

Qu’entourait un jonc d’or

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Son dossier si inapparent

Ses jambes de fer

Levées dans l’automne

Son assise

Où jadis tu fus

Et l’image d’une Déesse s’ensuivit

Que nulle brume ne put enclore

Dans sa diaphane vêture

Dont nul diaphragme

N’eût pu fixer l’empreinte

Même dans la

Cage étroite

D’une chambre noire

 

Fuyante tu l’étais

Comme l’air libre

Des espaces sans mesure

Cette taïga faite à ton image

Je la vois encore

Evoquée par la pulpe de tes lèvres

Disant

Les méandres paresseux de l’eau

Les feuillées jaunissantes

Le rythme plus sombre

Des pins

Des mélèzes

Parfois un sapin décharné

Hissant ses étiques nervures

Dans le ciel aux teintes de plomb

 

Vois-tu à seulement agiter

Ces quelques pensées

Me voici devenu

Un autre homme

Peut-être seulement

La vibration d’une conscience

Qui vit d’attendre

Et de plonger au-dedans de lui

Dans d’antiques marécages

Où s’allument les feux de la joie

Les as-tu jamais habités

Toi la Passante de mes songes

Toi la Messagère

Que nulle parole ne visita

Si ce n’est ce murmure

Qu’était ton corps

Ce long filament brûlant de l’intérieur

De lui on eut dit l’incorruptible flamme

La passion enserrant tel un lierre

L’entière disposition à être

Mais dans le refuge

Dans le pli

Dans le sillon au fond duquel

Toujours se donne à voir

L’étincelle de beauté

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Dans le pli blanc du petit matin

Frissonnant tel un enfant

Faisant l’école buissonnière

Col relevé

Mains dans les poches

Ta photo posée sur la plaine

Livide de mes genoux

L’air est si frais qui bourdonne

Ta photo et nulle autre présence

Et au loin le bruit sourd

De la ville

Cette masse étrangère

Anonyme

Qui cloue au pilori

Les Sentimentaux

Et les Poètes

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Je regarde l’infini du ciel

Espérant des nuages légers

Qu’ils dessinent ta forme

Oui ta forme

Et plus rien au monde

Ne comptera

Que ceci

Qui ne saurait se dire

Simplement

 

TOI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 09:58
Tout au bord de l’eau grise.

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

VOUS étiez dans cette attitude

Dont je n’aurais pu qualifier

La nature

Sorte de Cariatide

Tenant le Ciel

Au-dessus de sa tête

Prenant racine dans le monde

Des choses terrestres

Flottant infiniment

Dans un azur si pur

Qu’on n’aurait pu le toucher

Qu’à l’aune de l’esprit

Qu’à la force souple de l’âme

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

Tous les jours

Que le temps inventait

VOUS étiez assise

Sur cette souche étroite

Qu’ont eût supputée

Placée là

Pour VOUS

Et pour nulle autre présence

 

Toutes les heures

Que le temps créait

Je longeais ce lac

Cette étendue d’eau grise

Cette impalpable ligne de schiste

Dans laquelle se reflétaient

L’eau blanche des nuages

Le céladon adouci du Ciel

La ligne sombre des collines

Une langue d’onde verte

D’ovales ilots

Une avancée de Terre

Qui ressemblait

A votre teint d’olive

A sa profondeur

A son mystère

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

Quel que fût le temps

Plût-il

L’atmosphère fût-elle

De feu

Ou bien le vent

De glace

Vous demeuriez

Tant et si bien

Qu’il eût été illusoire

De VOUS comprendre

VOUS

L’Atlante

Qui séjourniez parmi les hommes

Dans cette forme d’absence

Dont ne pouvait témoigner

Qu’une Déesse

 

***

 

Mais quel fronton

De quel temple

Souteniez-vous

VOUS dont l’étrange destinée

VOUS portait

A la limite

D’une invisibilité

Alors qu’alentour

Hormis votre hiératique esquisse

Rien ne paraissait que de normal

Rien n’avait lieu

Que dans l’inconsistance

De l’heure

Un ris de vent

Que la moindre saute d’humeur

Eût vite effacée

Tant les choses de la Terre

Paraissaient

Superficielles

 

***

 

VOUS ayant aperçue

Et le regard demeurait

Aimanté

Magnétisé

Pareil à une étincelle

Forant la nuit

De sa rouge question

Dardant sa pointe

Avant que l’Ombre

Ne l’éteigne

Dans son rêve de brume

Dans sa dérive d’encre

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

Souvent il m’arrivait

Depuis l’anonymat

De l’autre rive

Yeux fixés sur des jumelles

De VOUS

Isoler

De tout ce qui n’était pas

VOUS

Afin de garder

Intacte

Votre Essence

De ne la point diluer

Dans les mailles

Etroites

De l’incertitude.

Tout au bord de l’eau grise.

 

Ce jour

Lumineux

Diaphane

Est le jour de

L’Automne

Cette parenthèse du Temps

Ce repos

Après l’exultation

Cette halte avant

Que l’hiver

Ne noie tout

Dans ce frimas

Qui semble éternel

Aux impatients

Qui piaffent d’ennui

Aux amoureux

Qui ne souhaitent

Que de se dénuder

Aux chemineaux

Qui courent les sentiers

Sous la morsure de la bise

 

***

 

Ce jour

Est d’or et de paille

Ce jour est tissé de pollen

Et nul ne songerait à être triste

A se réfugier

Dans l’aridité d’une mystique

L’abrupt d’une méditation

Seule est admise

La contemplation

Qui fait du pluriel

L’Unique

Qui métamorphose

La mélancolie

En pure Joie.

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

Le trajet a été accompli

Le cercle se referme

Qui me ramène

Jusqu’à

VOUS

Dans cet écrin de silence

Qui ne saurait avoir

D’autre lieu

Que celui que l’on assigne

Aux choses

Rares

Aux incunables

Par exemple

Dans le luxe d’une

Bibliothèque

 

Mais parfois

Surgit l’énigme

D’un autodafé

Et des manuscrits

Ne demeurent plus

Que des cendres

Et quelques signes épars

Qui regagnent

L’effacement

D’avant leur parution

 

Tout au bord de l’eau grise.

 

La souche rongée par

Le Temps

Est levée sur la scène

Du jour

Une plante au sol

Un étoilement vert

Quelques fragments de bois

Ossuaires

Comme si la Mort

Les avait atteints

Avant qu’ils ne rejoignent

L’eau donatrice de vie

L’eau lustrale par laquelle

Recevoir un nom

Et perdurer dans le cycle

Des saisons

 

***

 

VOUS il m’en faut assumer

 La biffure

En

Croix

X

Cette perte qui

Jamais n’aura réparation

J’aurais voulu

VOUS connaître et voilà

Que VOUS m’échappez

A l’instant où j’allais

VOUS Saisir

Au moins par la pensée

Au moins par le sentiment

D’une jouissance immédiate

 

Au pied de la souche

(Est-elle la souche

Une métaphore

De ce qui a été

Qui jamais

Ne trouvera

D’espace où renaitre)

Au pied de la souche

Une page arrachée d’un livre

Illisibles mots

Sauf

Cette phrase qui figurait

Sans doute en épigraphe

Du texte

 

« La mélancolie

Est une maladie

Qui consiste

A voir les choses

Comme elles sont »

 

Etiez-vous identique

A l’état d’âme

Nervalien

Etiez-vous

Celle qui vivait

Le Réel

Jusqu’en ses derniers

Retranchements

Etiez-vous

Cette Lucidité

Placée à la proue

Des Choses

Ceci

Jamais ne le saurai

Mais vit-on

D’autres nourritures

Que celles

Terrestres

De l’Illusion

Vit-on

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 20:45
PasserELLE. (1° Partie)

Adagio.

 

L’été touchait à sa fin

Non mon désir d’en découdre

Avec la nature

La beauté des paysages

Cette mer qui fuyait

A l’horizon du temps

Ces lacs qui scintillaient

A perte de vue

Au milieu des embruns de sel

Des bruissements légers de l’eau

 

Le plus souvent

Au lever du jour

Ou bien au crépuscule

Ces moments bénis des dieux

Je me rendais au bord de l’Etang

M’asseyais sur quelques pierres

Que dissimulait une touffe de tamaris

Ainsi voyant sans être vu

Je pouvais tout à loisir

Profiter d’un spectacle

Dont je pensais être

Le SEUL

A pouvoir

Jouir

 

Depuis la rive

Une passerelle de bois

Flottait au dessus de l’eau

Dont je ne connaissais la destination

Peut-être une amarre pour les bateaux

Peut-être simple architecture

Pour les nomades et les curieux

Assurément j’appartenais

Aux deux catégories

Moi qui avais la bougeotte

Moi dont le regard fouillait

Le moindre recoin

A la recherche

D’une esthétique

D’une émotion

D’un prétexte d’écriture

 

Le premier jour

TU t’offris à ma vision

TU étais vêtue d’un léger caraco

D’une jupe longue

Et j’apercevais ton doux profil

Etais-TU Italienne de Toscane

Ou bien Sicilienne

J’inclinais pour la Toscane

Il y avait

En TOI

Une sagesse visible

Un bel ordonnancement

TU aurais pu être

Le Modèle

Peut-être d’un Botticelli

Peignant la Naissance de Vénus

Peut être d’un Raphaël

Esquissant le portrait de

La Muette

Ou bien encore

D’un Agnolo Bronzino

Posant sur la toile

Le délicat visage

De Marie de Médicis

Cette grâce en suspension

Que rien ne semblait

Pouvoir ramener au cadre

Etroit

Des réalités terrestres

 

Pour dire court

TU étais une réplique

De cette Italie Renaissante

Digne des plus riches éloges

J’apercevais

Comme dans un rêve

A la belle subtilité

La nappe lisse

De tes cheveux

Châtains

Le lisse régulier

De ton visage

L’amande

Rose

Des lèvres

Ce cou si gracieux

On l’aurait dit pareil à l’abricot

Dans son inimitable teinte

Cette chair nacrée

Qui semblait se dissoudre

A mesure que

L’on s’en approchait

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 20:45
PasserELLE.

Adagio.

 

L’été touchait à sa fin

Non mon désir d’en découdre

Avec la nature

La beauté des paysages

Cette mer qui fuyait

A l’horizon du temps

Ces lacs qui scintillaient

A perte de vue

Au milieu des embruns de sel

Des bruissements légers de l’eau

 

Le plus souvent

Au lever du jour

Ou bien au crépuscule

Ces moments bénis des dieux

Je me rendais au bord de l’Etang

M’asseyais sur quelques pierres

Que dissimulait une touffe de tamaris

Ainsi voyant sans être vu

Je pouvais tout à loisir

Profiter d’un spectacle

Dont je pensais être

Le SEUL

A pouvoir

Jouir

 

Depuis la rive

Une passerelle de bois

Flottait au dessus de l’eau

Dont je ne connaissais la destination

Peut-être une amarre pour les bateaux

Peut-être simple architecture

Pour les nomades et les curieux

Assurément j’appartenais

Aux deux catégories

Moi qui avais la bougeotte

Moi dont le regard fouillait

Le moindre recoin

A la recherche

D’une esthétique

D’une émotion

D’un prétexte d’écriture

 

Le premier jour

TU t’offris à ma vision

TU étais vêtue d’un léger caraco

D’une jupe longue

Et j’apercevais ton doux profil

Etais-TU Italienne de Toscane

Ou bien Sicilienne

J’inclinais pour la Toscane

Il y avait

En TOI

Une sagesse visible

Un bel ordonnancement

TU aurais pu être

Le Modèle

Peut-être d’un Botticelli

Peignant la Naissance de Vénus

Peut être d’un Raphaël

Esquissant le portrait de

La Muette

Ou bien encore

D’un Agnolo Bronzino

Posant sur la toile

Le délicat visage

De Marie de Médicis

Cette grâce en suspension

Que rien ne semblait

Pouvoir ramener au cadre

Etroit

Des réalités terrestres

 

Pour dire court

TU étais une réplique

De cette Italie Renaissante

Digne des plus riches éloges

J’apercevais

Comme dans un rêve

A la belle subtilité

La nappe lisse

De tes cheveux

Châtains

Le lisse régulier

De ton visage

L’amande

Rose

Des lèvres

Ce cou si gracieux

On l’aurait dit pareil à l’abricot

Dans son inimitable teinte

Cette chair nacrée

Qui semblait se dissoudre

A mesure que

L’on s’en approchait

 

Mais c’était

Je crois

Ce que je préférais

Cette distance

Ce recul

Ce retrait

Qui laissaient libre cours

A mon imaginaire

 

A mon insu

Des phrases s’écrivaient

A bas bruit

Des mots faisaient

Leur inimitable clapotis

Sur la margelle de mon front

Ils ressortiraient

Bientôt

Métamorphosés

Agrandis

Multipliés

Par la puissance

De la nostalgie

 

Je t’observais

(J’avais opté pour le tutoiement

Je savais pouvoir être pardonné)

A la dérobée

Entre les vols bleus des libellules

Les coups de fouet des martinets

La douce insistance

De la huppe

A ne pas paraître

Sans doute étais-TU semblable

A ces oiseaux de la garrigue

Qui venaient s’abreuver là

Dans la grande nappe d’eau

Puis repartaient d’un vol léger

Comme s’ils n’avaient existé

Qu’à l’orée d’un songe

 

Allegro.

 

A mesure que le temps passait

Je m’habituais à TOI

Et c’est comme si j’avais été

Un Amant

De passage

Un Observateur attentif

De ta naturelle beauté

Un Archéologue en quête

D’un motif ancien

Posé sur le flanc

D’un céladon

D’une jarre

 

Aujourd’hui le vent a forci

Il n’est plus ce souffle marin

Qui

Il y a peu

Poissait nos vêtements

Lustrait nos cheveux

Enduisait nos visages

D’un glacis pareil à ceux

Des peintures Renaissantes

 

Maintenant

Comment dire

TU es plus lointaine

Réfugiée dans un blouson

De cuir noir

Dont les fermetures de métal

Brillent à chacun de tes mouvements

Ta jupe légère a laissé la place

A une robe de laine plus foncée

J’en devine la sourde caresse

La souplesse

Le moelleux

Combien elle TE rend

Mystérieuse

Précieuse

Je vois sa texture

Minutieuse

L’entrecroisement subtil des fils

(sont-ils des modes visibles du Destin

Une figure apparente de La Moïra)

 

Mais déjà je sens que

TU m’échappes

J’avais trop tôt rêvé

D’une possession qui n’était

Qu’une hallucination

L’envie impérieuse

D’un Gamin observant

Son jouet dans la vitrine

Où brillent les feux acérés

Du désir

 

Voilà que le jouet échappe

Se confond avec l’écrin qui l’abritait

TU sembles plus soucieuse

TU fumes de longues cigarettes

Dont la vapeur se mêle

Aux premières brumes

TU lis un livre

Serait-ce Paulina 1880

Cette belle et triste

Chronique italienne

Où alternent

Amour charnel

Et

Amour mystique

Jouissance

Et

Pulsion de mort

 

Mais non je vais trop loin

Mon caractère naturellement

Fantasque TE précipite dans

Un abîme

Dans lequel je m’empresse

De TE suivre

Double aliénation

Dont nous ne pourrons ressortir

Que fourbus

Hagards

Yeux vidés de leur sens

Mains étiques

Dans la nuit qui vient

 

 

Pendant plusieurs jours

TU n’es pas venue

Et la passerelle était

Bien vide

Que même les oiseaux

Avaient désertée

Je trompais le temps

Taillant au canif

Des branches de tamaris

Dont j’entaillais l’écorce

Mille rubans flottants

S’en échappant

Comme s’ils avaient été

Ivres

De liberté

Mais sans doute projetais-je

Sur leurs minces existences

Un poids dont

Jamais

Ils ne seraient atteints

L’angoisse est

Fondamentalement humaine

L’espoir congénitalement

Rivé aux basques des

Existants sur Terre

 

TE voici donc

Chaudement habillée

D’un long caban noir

D’un pantalon

Il faut dire

 Avec cette Tramontane

L’hiver semble arrivé

Avant l’heure

De longues lames d’air glacé

Viennent du Nord

Avec de sinistres feulements

L’eau se hérisse

De milliers de picots

De courtes vagues

Font leur clapotis

Tout contre les pilotis

De la passerelle

 

TU ne lis pas

TU ne fumes pas

TU bouges à peine

L’air t’enveloppe

Dans sa tunique

De glace

Vis-TU au moins

TOI l’Inconnue

Qui hante mes nuits

Qui vrille mon ombilic

Qui étoile le réseau de mes nerfs

Attise mes pensées

Et assure mes insomnies

De navigations hauturières

Sans fin

 

Où le port où s’amarrer

Où la demeure assurant d’un abri

Où le havre de paix

Et le sourire étincelant

De mille feux

Où la paix

Qui cingle

Vers le large

Et le repos de l’âme

Où la sérénité qui autrefois

Lançait ses oriflammes

Dans le ciel semé d’étincelles

 

Appassionata.

 

Trois jours que tu n’es pas apparue

Trois jours à attendre

En vain

A scruter l’horizon étroit

De ces planches où

Sans doute

Flotte encore

Un air de TOI

Une fragrance

Peut-être une mélodie italienne

Le rythme d’une bergamasque

Cette danse gaie

Vive

Sautillante

Qui ponctuait

La scène de la commedia dell’arte

 

Le vent s’est encore assombri

Il fait de longues coulées

Lacère la face de l’eau

L’entaille de grandes balafres

Grises

Blanches

Parfois teintées

De cuivre

D’étain

J’ai plongé mes mains

Dans les poches

De ma vareuse

Dissimulé ma tête

Sous un ample suroît

C’est comme si quelque

Fin du monde s’annonçait

A l’horizon de l’Homme

 

La lumière est basse

Semblable à un étiage hivernal

Sans doute

Dans les cabanes de pêcheurs

Brulent des falots

Identiques à des torches de résine

Dans le profond des grottes

Partout on s’amasse

Au bord de l’âtre

Partout on frotte ses mains

Aux doigts gourds

Aux jointures pâles

Partout on attise les braises

Alors que le vent cogne aux volets

Que la rumeur s’acharne

Que la tempête enfle

Pareille à un animal à l’agonie

Qui hurle à la Lune

Jette aux étoiles

Sa peur ancestrale

 

Trois jours sans TOI

Et l’effroi de demeurer

SEUL

Enfonce dans la spire

De ma cochlée

Ses doigts

Ravageurs

Fore mes yeux

Qui s’agrandissent

Jusqu’à

La mydriase

Serait-ce cela

La mydriase

Le comble de

La lucidité

 

Maintenant je suis

Sur la planche

Qui ressemble

Etrangement à

Une coupée

De quel navire

Pour quel voyage

Pour quelle destination

Inconnue

 

Tout au

Bout

De

La

Passerelle

Pareil à un

Pavillon

De complaisance

Flotte

Un bout

De toile noire

Faseye

Une écharpe de

TOI

Que

Sans doute

Tu as laissée

Pour dire le précieux de

TON

Passage

J’ose à peine penser

Qu’elle m’était destinée

 Passager clandestin d’une

Si

Enigmatique

Traversée

 

Autour de mon cou

Le mince foulard

Signe

L’impossible rencontre

Le deuil avant même

Le mariage

Le retour

Avant le départ

Pour l’ile illusoire de

Cythère

Ton odeur est

Troublante

Presque insistante

Comme si

Dans cette perdurance

De la mémoire

S’insinuait

La touche légère d’un

Regret

S’imprimait le stigmate

De ce qui ne peut

Jamais avoir lieu

Que

Dans le songe

Dans l’imaginaire

 

De la fenêtre du train

Qui file en direction de

La Toscane

J’imagine déjà

Les chandelles

Des cyprès

Levées

Dans le tumulte du ciel

Le moutonnement subtil

Des collines

La masse sombre

Des grandes demeures

Le luxe des jardins

Le calme des pièces d’eau

Où se reflète

Le jeu puéril des nuages

Je ne sais si

Le hasard TE mettra

Sur mon chemin

J’ai si peu d’indices

Sauf ce bout de papier

Froissé

Entre mes doigts

Qui tremblent un peu

Le titre de mon

Prochain livre

En lettres cursives

Andante

Afin de refaire

Le voyage depuis

Le début

Là où

Tout encore

Etait à titre

D’hypothèse

Comme un événement

 A venir

Oui

A venir

Sans cela

Longue sera la nuit

Privée d’étoiles

Privée

Oui

 

 

 

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 19:12
Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure !

 

Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure.

 

L’été touchait à sa fin

et l’air, parfois,

fraîchissait

à l’arrivée

du crépuscule.

Souvent nous allions

sur le port

écouter le vent siffler

dans les haubans

des voiliers.

Déjà il y avait moins de monde

et les terrasses des cafés

se teintaient

d’une douce mélancolie,

couleur de feuilles mortes.

Nous prenions,

cela dépendait de notre humeur,

un café corsé,

un thé léger,

un vin  à la robe jaune de paille

avec des reflets verts.

Ils ressemblent

aux aiguilles de pin,

me disais-tu,

et tes yeux viraient au gris,

pareils aux rochers d’ici,

des meutes claires

traversées de rayures,

de lignes de partage,

d’éclats le plus souvent.

 

Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure.

 

Souvent, pareille à une antienne,

cette énigmatique formule,

ce signe abstrait,

ce hiéroglyphe caché

dans l’ombre

d’une pierre

comme pour dire

le secret

à ne jamais transgresser.

Tu semblais rêveuse,

loin de toi,

perdue dans un songe

dont, sans doute,

tu ne reviendrais pas.

 

Que valent ces rencontres

d’un été,

ces amours folles,

ces chevauchées sans fin

pliées sur l’encolure

de l’imaginaire ?

Que valent ?

 

Le vin pétille,

semblable

à la vivacité

 de la garrigue,

à sa naturelle sauvagerie,

à son mystère,

elle qui ne se laisse

qu’effleurer,

jamais comprendre.

Comment être

cette pierre,

cette touffe de thym

hirsute,

cette immortelle

que le vent traverse

de son galop trop rapide ?

 

Une fuite dans le crépuscule

qui vire au bistre,

au sanguin avec des nuances

de bleu indéfinissable,

cette encre qui se dilue

dans l’atmosphère

avec l’endeuillement

des soirées d’hiver

quand l’affliction est grande

de ne pas être en harmonie

avec le pouls des choses,

avec le rythme

immémorial

du temps.

 

Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure.

 

Ton verre est vide,

Le cerne de tes yeux

s’auréole

d’un dernier espoir.

S’il y avait une suite

à toute fiction,

si l’exister

n’était seulement

cette manière

de pantomime

qui tire sa révérence

avec toujours

le même sourire

un peu ingrat,

avec le même rictus

en forme d’aporie.

 

La scène

s’est à peine ouverte

Que les rideaux de pourpre

se referment

sur cette Divine Comédie,

triple cercle

avec le paradis tout au fond,

inaccessible,

le purgatoire au milieu,

visible par intermittences,

l’enfer sur le pourtour

avec ses flammes

rubescentes

et les braises sur lesquelles

on marche,

pareil à un Esprit

qui aurait perdu ses pouvoirs

et la brûlure serait vive

qui entaillerait

jusqu’à l’âme.

 

Tu fumes nerveusement,

deux traits font

leur sillage de brume

jusqu’à la barrière

blond-cendrée

de tes cheveux.

Je n’avais jamais remarqué

aussi bien que ce soir

la perfection

de ton arc de Cupidon,

tes joues criblées de son,

la forêt de tes yeux

parcourue

de layons plus clairs.

Etaient-ce des pistes

à suivre ?

Assurément nous n’avons

cheminé de conserve

que par erreur,

Peut-être en raison

d’une naïve obstination,

laquelle n’est parvenue

qu’à mieux nous désunir

alors que nous espérions

un cheminement

commun,

sinon une osmose.

 

Nous sommes

de grands enfants

aux mains vides,

aux cœurs

qui débordent

d’enthousiasme

mais nous ne savons canaliser

toute cette énergie disponible,

en faire l’espace

d’une unique joie,

l’occasion

d’une rencontre. 

 

Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure.

 

A t’observer

sans qu’il y paraisse,

je comprends mieux ta nature

de Fille du Nord.

ce feu sous lequel la glace

est encore présente

pareille à ces majestés

qui flottent

dans les fjords étroits

et ténébreux de Norvège,

ton pays du septentrion que,

bientôt, tu rejoindras

avec la souple rumeur

qui convient

aux âmes torturées.

 

Nous nous sommes

si bien rejoints

autour de cette fêlure.

Commune. Il va de soi.

Nous sommes

des individus scindés,

que traverse

l’éclair de l’être

sans que nous y prenions garde.

Une commune inattention,

de simples visions hagardes

que visite le fouet

d’une sidération. 

 

Cette fêlure n’est que le reflet

de ces pierres

qu’une longue géologie

a meurtries,

de ces  éclisses de palmier

qu’on trouve ici,

que le soleil a fendues

en leur centre

dont les bords ne seront

plus jamais jointifs.

Une béance

par-delà le temps,

une faille de l’espace,

sans doute la métaphore

de ceux qui n’ont,

pour éternité,

que la parenthèse

d’une saison.

 

Ta cigarette continue

à se consumer

sur le bord du cendrier.

Nous sommes

loin déjà

du café où nous fêtions,

il y a peu,

le hasard

d’une route commune.

Nous sommes

loin de nous

comme des peuples séparés

par une brusque diaspora,

une entaille au scalpel

et l’on ne sait plus

qui l’on est.

 

Les feux de ta voiture

ne sont plus

que deux tisons

qui font

leur étrange rougeoiement

dans l’air qui a viré au violet.

Bientôt seront les frimas.

Il faut remonter son col

et mettre une bûche

dans la cheminée.
ou bien deux,

peut-être.

Ou bien

DEUX.

 

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 19:17
Ephéméride.

Comment suivre ta trace

La mienne si difficile à esquisser

Les jours fuient

Dans la fente immobile du temps

Est-ce nous qui bougeons

Est-ce Le Temps qui vient à nous

Puis se dissipe

Sans même

Que nous en ayons conscience

 

Comment suivre ta trace

Autrement que par la pensée

Tu es si illisible

Dans l’invention de l’heure

Et à peine es-tu aperçue

Que déjà nuées et cendres

Se présentent

Dans l’orbe vide des mains

Si ce n’est brouillard diaphane

Rives esseulées

Dans un linceul de pluie

 

Comment suivre ta trace

Tu me disais

L’autre jour

Sous les palmes aériennes

Du grand cèdre

La beauté de la vision

Lorsqu’elle s’embue

D’une certaine tristesse

Comme si le flou était à même

De porter notre âme

A la pointe acérée

D’une compréhension

De soi

De l’autre

Peut-être même disais-tu

Du monde

Tellement ton esprit fantasque

Emprisonne dans ses filets

Les mailles de la pure joie

 

 

Comment suivre ta trace

Tu es si sûre de ta présence

De la justesse de ta pensée

Cela rayonne

Cela étincelle

Cela se diffuse

Et c’est comme une contagion

On est à toi

Comme le soleil est au ciel

Et il s’en faudrait de peu

Qu’une vérité se présentât à nous

Sous la seule forme de celle

Que tu es

 

Comment suivre ta trace

Certains te disent Sorcière

D’autres Fée

D’autres encore

Magicienne aux doigts

Crochetés de bonheur

Mais qui croire

Mais comment te cerner

Toi qui fuies

A la vitesse de tes paroles

Incantation

Et cela chante en nous

Et cela prie

Pour que ta voix latente

Cerne tes lèvres

Du plus doux des poèmes

 

Comment suivre ta trace

Serais-tu Poétesse

Sappho de Lesbos

T’accompagnant de la lyre

Entourée de tes hétaïres

Sous l’arbre aux palmes donatrices

D’un luxe inouï

Celui de vivre à la mesure

De ces géants débonnaires

Mais si précieux

Pour qui sait les écouter

Les entendre

 

 

Comment suivre ta trace

Tu effeuilles les secondes

A seulement respirer

Tu loues les heures depuis

Ton infinie sagesse

Tu attires à toi

La caravane pressée

Des jours

Ces ruisseaux

Qui nous traversent

Sans que nous en percevions

L’essence intime

Le souffle donateur de vie

 

 

Comment suivre ta trace

Toi qui n’en as pas

Le Temps est cet

Immarscescible

Flottement

Ce balancement

Qui nous porte

Ici

Partout où se recueille

Le sentiment d’être

Ne serais-tu pas Le Temps

Lui-même

Qui confond

En une même trace

Masculin Féminin

Cette nervure qui

Nous fait tenir debout

L’espace d’un cheminement

Oui l’espace

D’un

Cheminement

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 15:39
Fille du Feu.

A seulement t’apercevoir

Dans le tumulte du jour

Et c’est le feu qui

Dans mon âme

Fit son sabbat

 

Tu étais à la pointe des choses

Comme sont les étoiles

Dans le basculement

Nocturne

Simple sillage

Dans l’encre des songes

A peine entamais-tu un pas

Que d’autres s’ensuivaient

Dans une douceur de nacre

 

La braise de tes cheveux

Crépitait bien après

Que tu t’étais annoncée

Et ce semis de taches de son

Et ces yeux

Aux teintes de scarabée

Et la finesse des attaches

On eût cru avoir affaire

A une tige de cristal

Perçant l’ombre

De sa pointe subtile

 

On te disait Fille du Feu

Cette Delfica dont l’image

M’apparut sur

La Baie de Naples

Cette chimère dont ma folie

Ne parvint pas à s’emparer

Sauf ce poème

Sauf ces ratures

Sur la page blanche

Sauf ces stigmates rubescents

Qui creusent ma tombe

Alors qu’encore

Je crois être vivant

 

Mais peut-on survivre

A l’image

Brûlante de la beauté

Peut-on encore apercevoir

Dans le miroir

La face dévastée

De qui l’on n’est plus

Peut-on décemment se lever

Sans ennui et vaquer

Le long du temps

Aux choses immanentes

Qui fuient telles

Les feuilles mortes

Dans le vent d’automne

 

Ce signe avant-coureur

De l’hiver

De la neige qui attend

De nous ensevelir

Alors que les sarments

Craquent

Dans la cheminée

Que nos doigts gourds

S’essaient à saisir

L’invisible

Oui L’Invisible

 

Parle-moi Delfica

De toi

De cette tache carmin

Que tu fus un jour

Dans le luxe

D’une apparition

Oui parle-moi de Toi

Et demeure

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