Du plus profond de mes nuits, du plus ténébreux de mon âme, du plus dissimulé de mes désirs, c’est Toi et rien que Toi, seule ton image venait jusqu’à moi et me hissait, parfois, à la lisière du jour. Il n’était pas rare alors, que mes songes ne fussent...
[NB - Ce commentaire d'une photographie se fera sans que l'image soit montrée. Simple posture intellectuelle abstraite dont nous espérons qu'elle suppléera une absence, par mots interposés. Ici, c'est le concept qui importe dont la photographie se déduira...
Il est parfois des heures de grande perdition où l’on se rattacherait au premier écueil venu : une lointaine réminiscence, la face jaunie d’une ancienne photographie, un air de musique qui folâtrerait tout autour de soi avec sa neuve insistance. Toujours...
Du Monde, saisit-on plus que son envers, ses coutures comme si sa peau s’était retournée avec, au plein jour, l’éclatement de ses viscères de glaise et d’humus ? De toute Altérité, n’aperçoit-on jamais qu’une illisible esquisse à l’horizon des choses...
Vous apercevant du plus loin de mon songe, vous ne pouviez que vous inscrire dans le cercle de mon inquiétude. Le ciel est bas ce matin, des miettes de blancheur en traversent l’immatériel souci. D’étiques oiseaux noirs, sans doute des freux, sillonnent...
Noir plus que Noir. Peut-on jamais énoncer plus grande confusion que ceci, plus profonde affliction ? Lorsque le Noir se dépasse lui-même, lorsqu’il ne recherche nullement quelques volutes plus légères qui en atténueraient la portée, mais bien au contraire...
Juste en haut de la Dune, c’est la seule phrase qui s’est montrée lorsque, vous apercevant au loin, comme au travers d’une vitre dépolie, vous vous êtes donnée à moi dans la plénitude même de votre réserve. Je sais l’étrangeté de l’oxymore qui vous fait...
Axel Ménésian n’avait vraiment pas de chance. Sa première Compagne l’avait quitté après dix ans de vie commune, la seconde après cinq ans, la dernière avait laissé, comme souvenir, son écharpe de soi nouée au dossier d’une chaise après un séjour d’environ...
« De toutes manières, l'acte de réflexion, au lieu de se constituer en méditation athlétique où il ramasse ses forces pour les engager plus rudement, se dégrade alors en contemplation narcissique de ses propres formes. » « Traité du caractère » - Emmanuel...
Dire de toi la courbe De ton front Dire de toi la feuillée Qui poudre tes yeux Dire l’impossible et dire Encore l’invisible Ton âme a-t-elle des ailes Ton esprit une flamme Ton corps un lieu qui exulte Ton sexe une braise Où calmer mes ardeurs Es-tu visible...
Savez-vous, des choses parfois se montrent dont on ne connaît ni l’origine ni le motif de la venue. C’est, par exemple, la soudaine apparition d’une colline semée d’herbe à l’horizon, le cours d’une rivière tranquille, la majesté d’un haut iceberg, la...
Souvent, au plein de mes multiples errances, ai-je trouvé, avec un frisson de plaisir, Une parmi Celles dont j’attendais qu’elle comblât, au moins provisoirement, mon existence nomade. C’est alors une vraie félicité que de parcourir le Monde selon toutes...
Parfois, quelque rencontre de hasard, une personne croisée au coin de la rue, entrevue dans la diagonale d’une œuvre, entr’aperçue dans les pages d’un magazine, vous place-t-elle soudain face à sa propre énigme et, corrélativement, face à la vôtre. Parfois...
Mais la nuit est là, qui guette La lumière croît en elle Venus de l’ombre, venus de la nuit, allant vers la nuit, c’est ainsi que se détermine notre destin, que se trace la voie dans laquelle s’inscrivent nos pas. Aujourd’hui, avançant dans la lumière,...
"La fatidique angoisse de la page blanche..." trouve donc ici le lieu et le temps de sa parution. Serait-elle ôtée de toute expérience que rien ne pourrait se manifester et que les tentatives esthétiques se réduiraient à de simples formes occluses en...
Voyez-vous, parfois l’on ne sait si l’on est éveillés, si l’on est au bord d’un rêve, si la réalité a quelque consistance, si l’on peut faire confiance à ce que voient nos yeux. Et, ceci, bien loin d’être une affliction, est peut-être le lieu, non seulement...
Il faut dire, en ce début de III° millénaire, les choses n’étaient guère brillantes, tout allait de mal en pis, toute navigation hauturière ne rencontrait que Charybde et Scylla et le petit peuple qui restait après les ravages de la pandémie se posait...
[ Préambule - Cette fable moderne met en exergue la beauté du monde à laquelle s’oppose sa souveraine et illimitée laideur. Chaque jour nous faisons l’amer constat que des choses ne vont pas bien, que la terre se réchauffe, que les maladies gagnent du...
Depuis mon Sud, ce Lundi 26 Décembre vers ton Grand Nord Très chère Solveig (« Chemin de soleil », selon la belle signification de ton prénom), Je viens vers toi, en cette fin d’année, avec le cœur lourd et l’âme en peine . Je t’imagine, au plein de cet...
Vous qui songez, moi qui suis captif Une illumination a eu lieu et mon âme s’est embrasée qui comburera à jamais. Voyez-vous, il y a d’étranges aubes, des échardes blanches de clarté, une nébulosité nichée au plus haut des fins bouleaux. Rien ne semble...
De mon Causse en ce Samedi, premier jour de l’été Vois-tu, Cécile, il est toujours difficile de décrire la personne qu’on aime. Pourtant je vais m’y risquer avec, sans doute, une marge d’erreur, des incertitudes, des inexactitudes. Mais peut-on, en réalité,...
Sans doute devais-je avoir une prédestination qui, infailliblement, m’avait guidé vers la chaîne des Puys d’Auvergne. Il faut dire, mon métier de géologue expliquait mon point de chute. J’étais né en un endroit bien éloigné de celui-ci, dans le Midi,...
Å cette époque-là de mon existence, je ne sais par quel hasard de mes centres d’intérêt, par quelle inclination de mes affinités, je ne voyais partout que matière à transformation, à passage d’une forme dans l’autre, prétexte au mouvant, au toujours renouvelé,...
Vois-tu, souvent l’on m’a parlé de toi, on m’a vanté tes nombreux mérites, ta silhouette si changeante selon les saisons, parfois tes caprices, tes sombres humeurs, tes joies aussi, la lumière que tu émets, la chanson que tu pousses qui se mêle au bruissement...
Afaw, il s’appelle Afaw. Son nom veut dire ‘Le Lumineux’. C’est bien de se nommer ainsi. On a le soleil sur la peau, les étoiles dans les yeux, la clarté de l’amitié inscrite au plein du cœur. On se nomme Afaw et l’on est bien, logé au creux de son âge....