C'est de cette manière que les symboles vitaux de l'univers se métamorphosent en guenilles dont on ne reconnaît plus la riche origine. Là, dans la déraison de la mine, tout contre le ventre chaud et fétide de la peur, parmi les exhalaisons soufrées de...
Et tout se met à vivre autour de Djamil avec la sombre attirance du vide, les roulottes, les falaises blanches, les entrepôts, les murs d’argile de la Bastide, la barrière des saules et des bouleaux à l’horizon et la vie n’est plus que cette infime palpitation...
Pachamama, déesse-terre, est une émanation de la cosmogonie andine qui avait essentiellement cours dans l'empire inca. En fait elle était une représentation de l'espace-temps et, à ce titre, recevait diverses offrandes, ce rituel étant essentiellement...
Cela il le sait jusque dans les fibres les plus secrètes de son corps et il ne s’en plaint pas. Pourquoi se plaindrait-il d’être lui-même, d’appartenir par ses racines à ce peuple de parias, d’intouchables qui viennent de si loin ? Pourquoi renierait-il...
C’est Djamil, le père qui parle le premier et, dans la fraîcheur qui tombe, ses paroles sont des fuseaux de vapeur montant vers le plafond où courent les ombres grises. Ses mots franchissent la barrière des dents, des lèvres, avec lenteur, hésitation,...
CAFE EL PATIO 5 OCTOBRE Venu des plaines d’herbe, le vent souffle continuellement depuis plusieurs jours. Un vent blanc, acide, qui balaie les grandes dalles de ciment de la Cité Autan, use la peau, clôt les lèvres, oblige à cligner des paupières. On...
Mais on ne comprendra jamais mieux la lente ascension de l'homme en direction de sa propre transcendance qu'à la rapporter à l'allégorie platonicienne de "La caverne". Longtemps, les hommes - lesquels n'étaient que des hominidés -, vécurent immergés dans...
Vérité. *Toute vérité s'abreuve à son propre secret. *Plus une œuvre est silencieuse, plus elle est vraie. La vérité est intérieure. *La vérité. Jamais dans le macrocosme, jamais dans le microcosme. Dans leur ajointement. Vérité comme confrontation. *Jamais...
Pensée. *Le rationalisme est toujours desséchement de la pensée, sa mise abrupte en équation. *La pensée s'ouvre dans le suspens, se déploie dans la création. *La pensée n'est jamais aussi manifeste que lorsque le corps s'absente. *La pensée, jamais on...
Autrui. *Pouvoir dire "Je suis moi" et "je suis l'Autre" d'un même empan de la conscience. Fusion. *Aborder le Soi comme une étrange altérité ou le privilège unique de la folie. *Toujours plus près des Autres que de nous-mêmes. Simple question de regard....
Autrui. *Ta main droite, ta main gauche. Observe-les. Déjà les premiers signes de l'altérité. *Aucun don n'est gratuit qui sous-entend la réciprocité. Générosité, ellipse du boomerang. *Les autres nous hallucinent à leur gré. *L'homme varie selon chaque...
Après la plénitude, parler de l'incomplétude c'est un peu aride, ça fait dans le métaphysique, parfois même dans le tragique à la façon des joyeusetés du Cioran , mais dites-moi, la vie, ou plutôt l'existence pour parler philosophique, ça coule toujours...
Quant à dire d'où je tirais cette subite et profonde intuition - pour moi, dès l'énonciation de la formule, j'étais persuadé de sa pertinence -, éducation, lecture, influence religieuse, philosophique, association libre lexicale, jeu de langage, présence...
Temps. *Ruisseau. Ecoutez donc la métaphore du temps, de la source à l'estuaire. *Temps présent : bien peu habitent la terre poétiquement. *On ne pleure jamais sur ce que l'on a été mais sur ce que l'on ne sera plus. *Rides, verrues, comédons : stigmates...
Affinités. *Assembler inlassablement les éléments complémentaires. L'affinité appelle la répétition. *Tout désir qui régresse est le signe d'une insuffisante affinité. *Toute affinité est nécessairement vraie. Jamais un simulacre. *Jamais affinité ne...
"Arrêtez, je vous en supplie ; arrêtez… mes jambes sont gonflées d’avoir marché pendant la journée… je n’ai pas mangé depuis hier… mes parents m’ont abandonné… je ne sais plus que faire… je suis résolu de retourner chez moi, et j’y serais vite arrivé,...
Où le problème de la nomination est une question bien compliquée, qu'il s'agisse de donner un sobriquet à un humain ou bien à un gentil greffier que l'on vient de récupérer dans la rue, un soir d'orage et que, généreusement, on a refilé à la Mère Wazy...
Honnies soient qui mâles y pensent (35) Le premier jour qui suivit « l’adage de la pomme », Sigismond, tôt levé, s’était empressé de grimper dans le vieux pommier, de se camper sur la fourche des branches qui prolongeaient le tronc, dissimulé par les...
Sujet. *Tyrannie de la subjectivité : vérité au-dedans de soi; erreur au-delà. *De ton visage, seulement une vue narcissique. Miroir. *Sois ton propre et unique mentor. Simplement ouverture de ta conscience. *Le savoir véritable : toujours fécondé par...
AFFINITES. *Toute affinité a une origine matricielle. *L'affinité n'est que la projection de la conque originelle. *Nid - Conque - Creux : trois habitats où se focalise l'affinité. *Temps de l'affinité : le Présent. *Attaches terrestres : lieux où enraciner...
J.-F. Paoli : le souci du temps (1° Partie). A propos de "L’homme qui marche" - in « La fièvre » - JMG Le Clézio. (Gallimard - 1965) (Recueil de 10 nouvelles) Note de l’Auteur. Nice, le 23 octobre 1964. « Si vous voulez vraiment le savoir, j’aurais préféré...
Silence. *La prière n'est jamais silence mais murmure du sacré. *Jamais de silence entre les êtres. Toujours un bruit de fond assourdissant. *Nulle part de silence, pas même dans le rêve. *Même avec les morts nous ne pouvons dialoguer en silence. *Nervure...
Langage. *Pas de langage plus évident que celui de la toile blanche : tout peut y naître, y prendre sens. *Angoisse fondamentale du silence. Pour cette raison l'homme a inventé le langage. *Deux êtres face à face. En silence. Tumulte du langage intérieur....
Existence. *L'hédonisme n'est jamais que la poursuite tragique du plaisir. *L'UN est une vue de l'esprit; le MULTIPLE, la loi de l'exister. *Exister vraiment : être dans les choses jusqu'à l'ivresse. * "La crypte originelle", jamais on ne l'abandonne...
Petit à petit, les choses se précisent, la Place devient ce microcosme, cette minuscule graine qui résonne en écho avec le Grand Univers , comme un reflet, et ce singulier prédicat attaché à la compréhension du Tout , confère à la modestie de la Place...