Le Jour , le lumineux, le plus vif que l’argent, l’éclat du platine, tout ceci s’élevait de soi, gagnait les hautes altitudes, les couloirs de haute solitude, les cimes où plus rien ne comptait que cette diffusion à jamais de la clarté, cette irradiation...
[DEFI – Ma maison préférée – Ni genre, ni contrainte particulière. Décrire.] * C’est curieux, tout de même, cette impression de fuite des choses à l’amont du temps. Pourtant l’on est sûr de son propre imaginaire, pourtant les paysages, les gens, les détails...
Noir et cuivre, voici les simples termes au gré desquels je vous désignais. Comment nommer quelqu’un que l’on ne connaît pas, qui n’est que fugitive présence, simple feuille morte s’imprimant sur le flou de la mémoire ? Comment nommer quelqu’un sans le...
Ce matin, je me suis réveillé avec une impression bizarre. Tout semblait flotter autour de moi. La couche sur laquelle j’étais étendu avait la consistance d’une brume. Je ne reconnaissais plus le lieu familier de ma chambre avec sa croisée aux rideaux...
Noir plus que Noir. Peut-on jamais énoncer plus grande confusion que ceci, plus profonde affliction ? Lorsque le Noir se dépasse lui-même, lorsqu’il ne recherche nullement quelques volutes plus légères qui en atténueraient la portée, mais bien au contraire...
PETITE PROSE DU JOUR - NOUVELLE (suite 1). Ce qu'aimait Solitude, alors que la lumière levée teintait le ciel de grandes balafres couleur d'ivoire, c'était de regarder la danse des grues qui, dans le port, déchargeaient les ballots de marchandises venues...
PETITE PROSE DU JOUR - NOUVELLE (suite 3). C'est à ces questions qu'essayaient de répondre les boiteux et les hémiplégiques de l'âme, tous ceux à qui la réserve d'invisible parlait en terme de mystère ou bien, pire, dans la langue de l'imprécation, de...
Lisez cette très belle nouvelle d'Isabelle Pellegrini : non seulement une dédicace à la ville, mis une ode à l'écriture. Infinie beauté que cette prose puisée au creux de la vérité ! Concours de Nouvelles de la Canebière Dans le cadre du 6è Festival du...
En réalité, jamais ils ne sont sortis de la conque amniotique qui, un jour les a abrités dont ils ont, à leur insu, la vibrante nostalgie. Ils se rassurent à coups de slogans, ils s’élèvent, du moins le croient-ils, à tirer des plans sur la comète dont...
Le lac est un miroir. Le lac est un mot originel. Le lac est la Nébuleuse-Mère et nous sommes les Fils des Eaux. Ce lac est Chaos apaisé. Ce lac est Cosmos se reflétant en sa profondeur abyssale. Ce lac est décoloration de la Pénombre primitive. Ce lac...
Le cas de Hölderlin L’histoire des génies nous apprend que la folie est nécessairement liée à leur acte créatif et, même plus, à leur existence même. C’est l’extrême tension, la constante dialectique qui se lève de l’une à l’autre qui autorise ce flux...
C’était cela « la folie abrasive des mots » : la remise de l’homme à son destin en forme de crochet terminal, l’homme victime de son propre hara-kiri, l’homme-kamikaze fonçant à la vitesse d’un météore sur ce qu’il avait de plus intime, de plus singulier,...
*** Ce matin j’ai ouvert la porte du Temps Celle qui donne accès au corridor de l’Être *** Il y avait une faible lumière Une lueur cendrée Une broderie d’or Un point tout là-bas à la limite de l’être Des ombres aussi Des clés pour de bien étranges serrures...
PETITE PROSE DU JOUR - NOUVELLE (suite 2). Le refrain se limitait à ces trois salves salvatrices par lesquelles Solitude échappait au monde du-dehors dont elle sentait la menace pareille au souffle de l'inattendu, à l'haleine acide de la Mort. Solitude...
Ce qu’il faut faire, par exemple, ceci : UN LIEU et nul autre Souvent, au milieu des brumes de l’hiver, lorsque le Causse se couvre d’un blanc frimas, que les noires faucilles des corbeaux tournoient dans le ciel vide, que les collines à l’horizon dressent...
PETITE PROSE DU JOUR - NOUVELLE (suite 4). Soudain, l'air est glacial, sibérien, serti de lueurs d'aquarium. Où le plafond qui abritait, où les murs qui donnaient asile, où la cheminée où rougeoyaient les braises ? Où la vie qui battait à l'unisson de...
Le cas de Nerval C’est peut-être chez Gérard de Nerval qu’apparaît avec le plus d’évidence (exception faite de Hölderlin dont nous reparlerons bientôt) la relation du Poète à sa Muse, la perte de cette dernière étant le facteur déclenchant le saut abyssal...
[ Préambule - Cette fable moderne met en exergue la beauté du monde à laquelle s’oppose sa souveraine et illimitée laideur. Chaque jour nous faisons l’amer constat que des choses ne vont pas bien, que la terre se réchauffe, que les maladies gagnent du...
Å cette époque-là de mon existence, je ne sais par quel hasard de mes centres d’intérêt, par quelle inclination de mes affinités, je ne voyais partout que matière à transformation, à passage d’une forme dans l’autre, prétexte au mouvant, au toujours renouvelé,...
Axel Ménésian n’avait vraiment pas de chance. Sa première Compagne l’avait quitté après dix ans de vie commune, la seconde après cinq ans, la dernière avait laissé, comme souvenir, son écharpe de soi nouée au dossier d’une chaise après un séjour d’environ...
[Petite précision afin de s’y retrouver dans le texte. ON (en Majuscules) est le personnage principal de la fiction, bien plus proche du végétal, du minéral, de l’animal que de l’homme ; on (en gras italique) fait signe en direction de la condition humaine...
Savez-vous, des choses parfois se montrent dont on ne connaît ni l’origine ni le motif de la venue. C’est, par exemple, la soudaine apparition d’une colline semée d’herbe à l’horizon, le cours d’une rivière tranquille, la majesté d’un haut iceberg, la...
Savez-vous, parfois, lorsqu’on écrit, on est envahi d’un sentiment de solitude que double celui, ô combien inquiétant, de dépossession. Je m’ouvrais à un Ami de cette brusque inclination de l’âme en direction de quelque mélancolie, quand il me conseilla...
« Les lèvres sont si importantes pour la sociabilité qu'elles méritent le baiser. Novalis » Les semences (1798) * Que regarde-t-on dans un visage en priorité ? L’arête tranchante du nez qui sépare en deux son territoire ? Le front et sa douce arcature...
XIII Les Passants Des bruits humains, des bruits de paroles mais elle n’entend que des sons, ne peut savoir ce qui se dit, un peu comme les mots étranges inscrits sur la porte de fer. Abritée par la Tour, elle se hasarde à regarder vers le versant exposé...