Enfin, vous l'aurez compris, cette procession exhaustive d'animaux de toutes sortes, non seulement mimait le récit de la Genèse avant le Déluge, lorsque Noé avait embarqué tout ce qui vivait à la surface de la Terre, mais figurait également la grande...
EXUVIE ? EXUVIE ! Abandonnant mes divinités à leur affairement, - elles n’en sont encore qu’à l’une des phases de la « Grande Transformation » - je tire les rideaux, m’allonge sur le divan où Morphée, portée par des ailes de papillon, ne tarde pas à venir...
AFFINITES. *Jamais le Principe de Raison n'approchera d'un iota l'essence de l'affinité. *Tout jeune enfant. Toucher, Regard, véhicules insignes de l'affinité. *Déploiement de l'affinité. Ce qui me manque et que l'Autre m'apporte. *Affinité : subtile...
Contre toutes les barbaries qui peuplent la Terre, ce si beau poème de Jacques Prévert. Barbara Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi Barbara Il...
"ou debout sur la montagne… les yeux en haut," "Mais, à peine sorti de la Mer qui te donna naissance, anima tes premiers flux, déplissa l'outre vide que tu étais afin d'y insuffler suffisamment d'âme pour te porter, ta vie durant, par monts et par vaux,...
DANIEL Souvent dans son enfance, vers l’âge de six ou sept ans, Daniel n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il se levait, allumait le lustre de la salle à manger. Il revenait se coucher. Une lame de lumière traversait la diagonale de la chambre. Peu à...
Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l’eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme...
Sur quelques phrases de JMG Le Clézio samedi 24 novembre 2012, par Jean-Paul Vialard ©e-litterature.net Les articles figurant sous la rubrique " PRE-TEXTES" n'ont pas pour rôle essentiel de résumer le contenu d'une œuvre ou d'en constituer une approche...
Obermann LETTRE XVIII. Fontainebleau, 17 août, II. Même ici, je n’aime que le soir. L’aurore me plaît un moment : je crois que je sentirais sa beauté, mais le jour qui va la suivre doit être si long ! J’ai bien une terre libre à parcourir ; mais elle...
"Lecteur qui, près de moi, sommeillais, - sans doute songeais-tu à la corde qui t'était promise afin que, pendu haut et court, tu te disposasses enfin à embrasser ce divin Néant qui, présentement, me sourit de sa bouche vide et cernée de Nuit infiniment...
Le retour à la mansarde ou le jour oblitéré. Mais aller trop vite en besogne et rejoindre Youri Nevidimyj dans la mince cellule du septième étage en faisant l'économie de son trajet de retour serait un comportement homologue à celui d'un archéologue survolant...
Fragments, Notules et Commentaires. Que saisit-on d'un livre, sinon quelques nervures, quelques lignes de fuite ? Peut-être, lire, n'est-ce jamais que cela, saisir une vastitude et n'en retenir que quelques émergences qui, pour nous, ont pu faire sens...
LES MATINS BLEUS Beaulieu . Si loin déjà. Juste une ombre, une silhouette indistincte, un frémissement sur la toile du souvenir. J’ai laissé la voiture sous l’orme au feuillage sombre. Le jour n’est pas encore levé et la falaise blanche s’imprime sur...
— Ô pou vénérable, toi dont le corps est dépourvu d’élytres, tu me reprocheras avec aigreur de ne pas aimer suffisamment ta sublime intelligence,qui ne se laisse pas lire ; peut-être avais-tu raison, puisque je ne sens même pas de la reconnaissance pour...
J’ai fait un pacte avec la prostitution afin de semer le désordre dans les familles. Je me rappelle la nuit qui précéda cette dangereuse liaison. Je vis devant moi un tombeau. J’entendis un ver luisant, grand comme une maison, qui me dit : « Je vais t’éclairer....
On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur...
J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire....
Honnies soient qui mâles y pensent (17) Après son dernier séjour parisien, le Comte évita de trop s’isoler dans sa bibliothèque où son imaginaire s’enflammait, martyrisant son corps et son esprit. On le vit alors, ce qui chez lui n’était pas coutumier,...
Honnies soient qui mâles y pensent (16) Ne leur restait plus qu’à habiller leurs corps des habits de Cupidon. Ce qu’ils firent prestement, quittant la croisée, abandonnant le refuge du paravent. Sur le lit se retrouvèrent les amants pour célébrer, dans...
LETTRE AUX GUETTEURS DE LUMIERE Non, ne le niez pas, vous la possédez depuis l'enfance cette manière de vérité. Déjà elle vous habitait du temps de votre repli fœtal, au sein de la grotte amniotique. Déjà, au-dessus de votre fragile fontanelle, se déployait...
Les Semailles en Beauce. Jean, ce matin-là, un semoir de toile bleue noué sur le ventre, en tenait la poche ouverte de la main gauche, et de la droite, tous les trois pas, il y prenait une poignée de blé, que d'un geste, à la volée, il jetait. Ses gros...
(Petite invitation à la féérie.) La Passerelle Mathusine Depuis des siècles qu’il vivait à Géna, tout en haut de sa falaise, Mathusalem n’avait jamais tenté de découvrir le monde au-delà des limites de son rocher. Somme toute, sa vie de poulpe-troglodyte...
APHORISME *En peu de mots, l'aphorisme en dit plus qu'un long discours, l'espace de l'interprétation y est préservé. *Aphorismes : cristallisations de la pensée. *Pour ne pas mourir : créer un aphorisme à la seconde. *Plus l'aphorisme est spontané, plus...
Sens. *Le néant n'est pas l'absence de toute chose, l'absence de sens seulement. *Interpréter : oser le sens. *Tout est signe, tout est sens, de l'amibe au cosmos. *L'homme est "limité en monde", la totalité du sens ne lui est jamais accessible. *Une...
Youri Nevidimyj pressentant qu'il devait parler avant que je ne renonce à rendre compte de son funeste destin : "Ô, Toi Journaleux qui jettes sur le papier tes signes mortuaires, qui déroules tes phrases sépulcrales, essayant de fixer le proprement insaisissable,...