LETTRE XLVI. Lyon, 2 août, VI. Quand le jour commence, je suis abattu, je me sens triste et inquiet ; je ne puis m’attacher à rien ; je ne vois pas comment je remplirai tant d’heures. Quand il est dans sa force, il m’accable ; je me retire dans l’obscurité,...
Génie. *Le génie, une incandescence de la pensée. *Le génie est toujours alimenté par un excès de lucidité. *Le génie ou la condition tragique. *Le génie ou la démesure du regard. *L'espace de l'homme a deux dimensions. Celui du génie y ajoute la diagonale...
Ce jour, qui devait être le dernier où Youri Nevidimyj serait encore assuré d'une provisoire visibilité, apparaissant à ces Existants qu'il croisait à la manière d'un dément qui se serait soudain libéré de ses liens - Sainte-Anne n'était pas si loin -,...
(...) Revenu sur le bord de la Saône, je me disais : L’œil est incompréhensible ! Non seulement il reçoit pour ainsi dire l’infini, mais il semble le reproduire. Il voit tout un monde ; et ce qu’il rend, ce qu’il peint, ce qu’il exprime est plus vaste...
LETTRE XXII. Fontainebleau, 12 octobre, II. Il fallait bien revoir une fois tous les sites que j’aimais à fréquenter. Je parcours les plus éloignés, avant que les nuits soient froides, que les arbres se dépouillent, que les oiseaux s’éloignent. Hier je...
"L’omnibus a disparu à l’horizon, et l’on ne voit plus que la rue silencieuse… Il s’enfuit !… Il s’enfuit !… Mais, une masse informe ne le poursuit plus avec acharnement, sur ses traces, au milieu de la poussière. Voyez ce chiffonnier qui passe, courbé...
mercredi 2 février 2011, par Jean-Paul Vialard ©e-litterature.net D’abord il y a le corps. D’abord il y a le lieu. Le lieu du sens à créer à partir du corps. Le corps comme création originaire, écriture. Texte du corps, corps du texte. Mais le texte ne...
III- L’Accordéoneux Paris. Eté 1932 Dans sa chambre Marie-Odile pique les poches d’un gilet, met un dernier point à une boutonnière. Puis elle se lève, ouvre la fenêtre. Les platanes, sur le boulevard, font une longue coulée verte pareille à un nuage...
EXISTENCE *Nous n'existons qu'à rencontrer la RACINE : nous sommes tous des Roquentin. *Rien n'existe vraiment que par le sentiment que nous en avons. *Les secondes sont éternelles, l'existence trop courte. *Le rire est une brume flottant au-dessus des...
CHANT DEUXIÈME Où est-il passé ce premier chant de Maldoror, depuis que sa bouche, pleine des feuilles de la belladone, le laissa échapper, à travers les royaumes de la colère, dans un moment de réflexion ? Où est passé ce chant… On ne le sait pas au...
Us et coutumes du bon Youri Nevidimyj. Youri, en bon Exilé à la recherche constante de ses racines, fréquentait toujours le même sol dont il espérait que ce dernier lui donnerait accès à ses propres sources, à sa propre énigme, la même que les Autochtones...
On ne me verra pas, à mon heure dernière (j’écris ceci sur mon lit de mort), entouré de prêtres. Je veux mourir, bercé par la vague de la mer tempétueuse, ou debout sur la montagne… les yeux en haut, non : je sais que mon anéantissement sera complet....
PERPETUUM MOBILE (1) Prologue Immergés dans le grand mouvement perpétuel de la vie, les Hommes finissent par l'oublier, la vie, la confondant parfois avec ce qu'elle a de plus éloigné d'elle, à savoir les excès de la technique. Constamment arraisonnés...
La voici encore, près du tennis, sur une chaise longue blanche. Il y a d’autres chaises longues blanches vides pour la plupart, vides, naufragées face à face, en cercle, seules. C’est après la sieste qu’il la perd de vue. Du balcon il la regarde. Elle...
Lecteur, c’est peut-être la haine que tu veux que j’invoque dans le commencement de cet ouvrage ! Qui te dit que tu n’en renifleras pas, baigné dans d’innombrables voluptés, tant que tu voudras, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te...
Donc, cher Passager du texte, dont les yeux incrédules parcourent de leurs faisceaux ourlés de curiosité malsaine et de hargne contenue les travées des sièges de bois, dispose-toi, assis dans l'Omnibus, à assister au spectacle le plus étonnant qu'il te...
AZALAÏ, UN CHEMIN VERS LA LUMIERE Nour ne dort pas cette nuit. Elle reste immobile sur sa natte, regardant fixement le glissement des étoiles dans le ciel, le croissant de lune mangé par la nuit. Dès la première lueur de l’aube elle sort de sa hutte,...
AFFINITES *Comme Adam et Eve, mettez vous à nu. Parcourez les sillons de votre corps; sentez-y les picots, les élévations, les minuscules éminences : ce sont vos affinités corporelles, vos points de contact avec le monde. *Toute affinité véritable est...
VIII ) - "Je ne peux penser expérience plus heureuse que celle-ci : mettre un point, aller à la ligne, ouvrir les guillemets, et prononcer un premier mot." Magnifique énonciation qui sonne à la manière d'une assertion remplie de bonheur vrai dès que l'on...
XVIII Le rêve marin. On n’entend plus que l’air, l’eau, un vague clapotis, juste un remous qu’amplifie la conque marine. L’eau bat doucement, le long du canal qui ondule, qui se fraie un chemin pour pénétrer le ventre de la Terre. Les pierres sont polies,...
LA VOIE ROYALE - Qu’y a-t-il, Céleste ? Tu as passé une nuit vraiment agitée !!! La voix de Floriane me parvient, douce, calme, filtrée par des voiles de brume. Je m’assieds sur le divan, interroge ma femme d’un regard dubitatif. - Tu as beaucoup rêvé,...
Retrouver ses racines, établir à nouveau les fondations de ce fragile édifice que nous sommes tous, voilà une tâche sans doute commune, mais combien inévitable, combien souhaitée mais que certains, par pudeur ou bien crainte, reporteront toujours aux...
TERRA AMATA : Dialectique de l’ombre et de la lumière. dimanche 1er mai 2011, par Jean-Paul Vialard ©e-litterature.net " Les apparences sont paisibles, familières, mais le terrible se cache dans l'ombre." JMG Le Clézio - "Le Déluge". "Terra Amata", œuvre...
L'Amour et l'Humour comme seuls viatiques pour damer le pion à la Mort. Au moins, provisoirement. (Petite incise : ce court texte, placé en préambule du chapitre 19 de "Les copains d'abord" , voudrait rapidement évoquer le seul recours possible à l'humour...
FIAT LUX jeudi 29 septembre 2011, par Jean-Paul Vialard ©e-litterature.net Le texte qui suit n'a nullement la prétention de constituer un discours rigoureux et logique sur la lumière. Il a seulement pour visée de la mettre en évidence selon quelques nervures...