"Réquisitoire muet d'Emilie". Œuvre : André Maynet. Puisqu’il faut parler en métaphores… Parfois tout fait sens dans une manière d’évidence. Parfois tout s’ouvre dans la plénitude et il n’est même pas besoin d’interpréter le monde. Les symboles parlent...
Photographie : Ela Suzan. « Immobile comme autant d’instants qui n’ont pu n’ont su non sus ni chanceler ni se départir de nous ». E.S. Histoire d’une fascination. Nous ne pouvons regarder cette image comme si elle nous était indifférente. Comme si elle...
Apnée et inspiration. Avec Douni. Œuvre : André Maynet. Murmure n’aimait pas le crépuscule. Murmure lui trouvait un air trop usé par le passage du jour, ces balafres rouges qui entaillaient l’horizon et lui donnaient la figure du meurtre. Comme un sang...
Requiem. Œuvre : André Maynet. Partout la sourde rumeur solaire. Cela faisait des mois que ça durait. Hébétés, chauffés à blanc, membres dilatés, yeux hagards, les hommes ne percevaient nullement comment tout ceci pouvait s’arrêter. C’est ainsi, dès qu’un...
« Tel un vieux berger, triste et solitaire, Reste mon clocher – cherchant son troupeau – Dont la voix fêlée devient un sanglot, Se répercutant jusqu’au cimetière, Pour dire à nos Morts la grande douleur De ne plus trouver du passé l’image … Quelle est...
La gitane, 1910, Kees van Dongen, (Saint-Tropez, Musée de l’Annonciade) Je venais de passer une période difficile au Journal et j'avais besoin de faire une pause avant de me lancer dans de nouveaux projets. C'est Lorenzo qui m'avait conseillé d'aller...
Photographie : Gilles Molinier L A P L A N D NordKapp – Finnmark. On est au bord de soi, dans une manière d’égarement. On tend ses mains de somnambules, on rencontre des murs de silence, on sonde des failles d’incompréhension. Les doigts hésitent, papillonnent,...
Longtemps j’erre dans la ville déserte. Je la rêve ainsi. Dépeuplée. Sans amour. Sans rencontre. Un genre d’absolu ivre de lui-même et rien qui puisse faire tache, éparpiller la vue sur autre que soi. « Ombilic des songes », eût dit le Poète Majuscule....
« Sa Majesté, le Cap Blanc Nez ». Photographie : Alain Beauvois. La beauté, jamais on ne la décide. Jamais on ne la pose devant soi sur un piédestal comme le sculpteur le bloc de marbre. Le propre de la beauté est entièrement contenu dans son surgissement....
La durée de la nuit. Œuvre : Dongni Hou. La nuit : vision hallucinée. Cette jeune enfant dont nous ne percevons même pas le visage demeurera une inconnue à jamais. Comment, en effet, pourrions-nous prétendre accéder à une altérité dont la physionomie...
Chemin de poussière Œuvre : Dongni Hou * Ce dos dans la cendre du jour Cette fuite à rebours T’appartenaient-ils au moins Ou bien étaient-ils ce départ au loin Cette inconnaissance de toi Jamais on n’enclot sa loi La tutoie seulement Dans l’à-peine présent...
"Rencontre fortuite". Avec Anastasia. Œuvre : André Maynet. C’est étonnant tout de même de rencontrer la beauté et de ne pouvoir s’y soustraire. Toujours on revient à elle dès l’instant où on l’a connue. Oui « connue ». C’est de l’ordre d’une « connaissance...
Photographie : Blanc-Seing *** Ne cillez pas Ne battez pas des paupières Ne vous abritez pas Derrière le rempart De vos bras Supportez la lumière Regardez la clarté De diamant De la Vérité Ce trépan qui forera vos yeux Nettoiera vos orbites Ce seront...
Œuvre : Marc Bourlier. Longtemps, avant même qu’elle fût devenue un peuple conscient de son avenir, la communauté des Petits boisés avait flotté dans l’éther jusqu’aux limites du cosmos. Car il s’agissait, pour être heureux, de trouver un lieu où s’établir...
Photographie : Nadège Costa. Tous droits réservés. Tout dans la souplesse énonciatrice. Tout dans la simple rumeur s’élevant de la chair, de la peau infiniment lissée de lumière. Le jour est une décision encore dans les limbes et les choses sont closes,...
Flash back. Œuvre : André Maynet. Tous nous sommes des Lanzo del Vasta à la recherche de quelque Gange intérieur, de quelque source originelle qui nous aidera à nous entendre avec le monde, le proche, l’immédiat, celui qui se cache sous les voiles de...
« Approche ». Photographie : André Maynet. Perle de porcelaine. Là, devant soi, dans la lumière levante, le pur prodige de la rencontre. Présence est debout sur le seuil du jour, simple toile ceinturant les hanches, torse nu dans une teinte si douce,...
Œuvre : Barbara Kroll *** Cette ombre dans le gris. Fallait-il se résoudre à ne percevoir que ceci de vous ? Le temps, lui aussi, était gris, comme le sont les jours d’Octobre. La lumière se perdait dans le ciel. Les toits de zinc, qu’une première brume...
" Et nous restons plantés là ... " Photographie : Alain Beauvois. « Et nous restons plantés là comme Aldo sur le rivage des Syrtes à attendre je ne sais quoi. » « Très tôt le matin, plage des Hemmes près de Calais, près de chez moi en plein brouillard...
Photographie : Patricia Weibel. « Fiat Lux ». Le cri des sternes. Ma première vison de vous, ç’avait été votre fière silhouette se découpant derrière la croisée de cette demeure néo-classique, façade de tuileaux roses et de pierres armoriées, de mansardes...
Short story 100 x 70 Bristol Barbara Kroll *** Le simple dans la venue du jour C’était le bleu de l’aube Le bourgeon au printemps La neige d’hiver Les ors de l’automne Une parole amie Quelque part Dans la gorge D’un frais vallon Une fête au village La...
Photographie : Blanc-Seing. Grises étaient les heures. Blanche ma solitude. Pourquoi fallait-il que tu aies élu cette ville d’eau pour dernier refuge ? Car, après, il n’y aurait plus rien que le vide et l’absence. Le jour était une poussière sale, une...
" Cap Vert ". Photographie : Alain Beauvois. « Avant hier, un endroit perdu près de Manciet ( Gers ) un endroit perdu que je ne saurai jamais retrouver un endroit que l'on découvre au détour d'une haie ahhh, ce bonheur parfois de ne croiser personne,...
Variation sur la pose de Mathilde. Œuvre : André Maynet. Les couleurs mentaient, les couleurs trichaient. Seul le blanc rayonnait de sa propre splendeur, de sa pureté, de son immatérielle candeur. Les couleurs mentaient, les couleurs agressaient, assaillaient....
Cette fêlure, disais-tu, cette fêlure. L’été touchait à sa fin et l’air, parfois, fraîchissait à l’arrivée du crépuscule. Souvent nous allions sur le port écouter le vent siffler dans les haubans des voiliers. Déjà il y avait moins de monde et les terrasses...