« Tu dors ? » Œuvre de Laure Carré *** Au début, il n’y a rien, sauf le vide, le silence et le recueillement avant que l’œuvre ne fasse son apparition. L’atelier est ce lieu où quelque chose va commencer à la manière d’un rituel, d’une cérémonie. C’est...
Nous regardons ce qui nous fait face dans la simplicité et nous sommes fascinés. Il ne s’agit pourtant de presque rien. Trois ou quatre feuilles de carton emportées par le vent que la pluie, le soleil, auront métamorphosées en une matière nouvelle. Il...
Photographie : Blanc-Seing *** Vois-tu combien l’automne est cette saison à nulle autre pareille. Une fin qui s’annonce, un renouveau qui prépare son approche. Tout est dans la juste mesure de soi. Nulle clameur qui ferait dans l’âme ses tourbillons d’ennui....
Œuvre : André Maynet. Avec cette Etrange, nous n’y sommes pas d’emblée. Il y a comme un décalage, notre vue est biaisée, elle s’embrouille, devient floue comme si quelque brouillard noyait nos yeux, quelque fièvre prenait nos têtes. Nous disons cela en...
A la manière de… Photographie : Martine Fabresse. Eté - Automne. Cet été-là, il n’y avait guère eu de répit. Le matin déjà une brume flottait au-dessus des collines et des maisons. Venue de la nuit. Chaude, tissée de mailles lourdes, poisseuses, qui collait...
Œuvre : Anne-Sophie Gilloen. Il y avait une fois une colline habitée d'argile et de sable qui dominait l'eau verte d'un lac. A part le cognement des pics-verts sur les colonnes des arbres et la fuite rousse des écureuils dans la chevelure des pins, il...
Photographie : Sophie Rousseau. On arrive là, tout au bout de la presqu’île du monde et l’on sait que l’on n’ira pas plus loin, qu’en quelque sorte le voyage est fini. Peut-on dépasser la plénitude ? Peut-on aller au-delà d’une explication profonde avec...
Photographie : Blanc-Seing. Certaines images ne nous parlent pas le langage du réel avec l’évidence qui semblerait être attachée à leur simple vision. Nous regardons, nous demeurons sur le bord d’un savoir que nous n’actualisons pas et il se produit une...
Toute mon adolescence a été bercée par la belle constellation automobile de l’époque. Aussi, quelle émotion de retrouver, parmi l’iconographie de la Toile, cette belle image d’une Delahaye, - la « gloire de mon père » -, couleur prune, pneus flancs blancs,...
« Etude 2015 ». Photographie : Gilles Molinier. *** On est encore dans la nuit. Dans la nuit des yeux. La nuit du songe. L’ombre-femelle nous enlace et nous reconduit à un genre de condition primitive. Semblable à la graine, à la pépite que nulle étincelle...
Noir source Adèle Nègre Rien ne bouge sur terre. Les hommes sont tapis dans leurs abris. Les dames blanches regardent la nuit de leurs yeux vides. Les arbres s’enracinent dans le limon. Les feuilles glissent le long de leurs nervures. Les poèmes sont...
Oeuvre : Eric Migom. Ce qu'Adam aimait faire, parfois, c'était ceci : se disposer face au cirque de montagnes, mettre ses mains en conque devant sa bouche et crier, en modulant sa voix "Vooo - Luuuup -Téééé", puis marquer une pause et recommencer "Vooo...
"Une naufrageuse de tourments..." avec Evguenia Freed. Œuvre : André Maynet. Partout était l’accablement. Partout la lourdeur, la compacité des choses, l’émiettement laborieux de la matière. La terre étirait ses sillons dans la douleur. Les rivières faisaient...
Œuvre : André Maynet. Le premier contact que j’ai eu avec l’œuvre d’André Maynet a constitué l’équivalent de scènes déjà vues, de motifs qui, depuis toujours, semblaient hanter mon inconscient à la manière d’étranges ombres. Certes, ces divines créatures,...
« Variation autour de Miranda. » Œuvre : André Maynet. Au début il n’y avait Rien. Sur ce point la plupart des Existants étaient d’accord. Mais les choses se compliquaient dès qu’il s’agissait de donner une forme à ce Rien. Les uns disaient que Le Rien...
Photographie : Blanc-Seing. Cette année l’hiver est long, glacial, l’air parcouru de longues zébrures blanches et grises. Le vent du Nord, le plus souvent, en rafales acides qui transpercent le corps. Ciel encombré de nuages, parfois livide, pareil à...
Photographie : Katia Chausheva. Comment étais-je arrivé dans cette manière de non-lieu, tard dans la nuit, alors que l'aube ne tarderait pas à paraître ? Cette Écosse si légendaire, on ne pouvait s'y dévoiler qu'à son insu, dans une manière de rêve éveillé....
"Réquisitoire muet d'Emilie". Œuvre : André Maynet. Puisqu’il faut parler en métaphores… Parfois tout fait sens dans une manière d’évidence. Parfois tout s’ouvre dans la plénitude et il n’est même pas besoin d’interpréter le monde. Les symboles parlent...
Photographie : Ela Suzan. « Immobile comme autant d’instants qui n’ont pu n’ont su non sus ni chanceler ni se départir de nous ». E.S. Histoire d’une fascination. Nous ne pouvons regarder cette image comme si elle nous était indifférente. Comme si elle...
Apnée et inspiration. Avec Douni. Œuvre : André Maynet. Murmure n’aimait pas le crépuscule. Murmure lui trouvait un air trop usé par le passage du jour, ces balafres rouges qui entaillaient l’horizon et lui donnaient la figure du meurtre. Comme un sang...
Requiem. Œuvre : André Maynet. Partout la sourde rumeur solaire. Cela faisait des mois que ça durait. Hébétés, chauffés à blanc, membres dilatés, yeux hagards, les hommes ne percevaient nullement comment tout ceci pouvait s’arrêter. C’est ainsi, dès qu’un...
« Tel un vieux berger, triste et solitaire, Reste mon clocher – cherchant son troupeau – Dont la voix fêlée devient un sanglot, Se répercutant jusqu’au cimetière, Pour dire à nos Morts la grande douleur De ne plus trouver du passé l’image … Quelle est...
La gitane, 1910, Kees van Dongen, (Saint-Tropez, Musée de l’Annonciade) Je venais de passer une période difficile au Journal et j'avais besoin de faire une pause avant de me lancer dans de nouveaux projets. C'est Lorenzo qui m'avait conseillé d'aller...
Photographie : Gilles Molinier L A P L A N D NordKapp – Finnmark. On est au bord de soi, dans une manière d’égarement. On tend ses mains de somnambules, on rencontre des murs de silence, on sonde des failles d’incompréhension. Les doigts hésitent, papillonnent,...
Longtemps j’erre dans la ville déserte. Je la rêve ainsi. Dépeuplée. Sans amour. Sans rencontre. Un genre d’absolu ivre de lui-même et rien qui puisse faire tache, éparpiller la vue sur autre que soi. « Ombilic des songes », eût dit le Poète Majuscule....