Nous cheminions avec mon alter ego sur une petite route de campagne. « La vie-oxymore », pensais-je à haute voix, à mon corps défendant. « Qu’est-ce à dire ? », reprit mon alter avec un brin de malice dans la voix. « Parles-tu de cette obscure clarté...
« Le Penseur … » Film 8x10" / 20x25cm - Colette - 2015 GillesMolinier.com. Au début, il n’y avait rien. Mais rien, comment peut-on imaginer cela, nous hommes de possession et de pouvoir ? Or le Rien était si Majuscule, si Présent qu’il rayonnait à la...
Photographie : Blanc-Seing. Vous étiez, dans la traversée de la rue, la glaciation de l’air, la rumeur inventive du jour, cette forme inaperçue, cette perte, cette parution au bord d’un possible évanouissement. D’où veniez-vous, silhouette que nul ne...
« 12° ». Sur une image proposée par Frédérique de Cayeux. A peine aperçue, l’image nous entraîne inévitablement dans le partage, l’étroitesse d’une schize ontologique. Avec nous-mêmes nous sommes comme démunis, dépossédés, territoire corporel, mental,...
Les traces, oui les traces. Pareilles aux stigmates sur le corps du Christ. Mains et pieds cloués, flanc portant le trait du javelot. Traces qui disent une histoire à l’aune de leur simple présence dans l’effacement. Mais ceci qui s’offre à notre regard,...
Sur le chemin, nous marchons et regardons. Mais que voit-on vraiment hormis soi ? Hormis la blessure narcissique que nous portons au-devant de nous comme une offrande ? Que voit-on du monde ? Sinon quelques images floues et nous regagnons le logis et...
L’ombre était si présente. Pareille à une écaille échappée de la nuit. Peut-être un rêve, tout simplement. La parution des choses au bord des lèvres. Le silence avant la parole. Le grésillement précédant la lumière. Nous étions seuls au monde. Vous dans...
On était à l’arrière de soi, dans la chambre étroite du doute. Rien, du monde, ne se dévoilait, sauf ce reniement des choses à figurer de telle ou de telle manière. Les yeux étaient des boules de porcelaine occluses. Les oreilles, des feuilles emplies...
Comment paraître ? Il y a si peu de présence. Les balcons sont vides. L’air une à peine teinte Posée sur la face des choses. L’horizon est si flou Qui absorbe le regard, Dilue l’encre pâle des yeux. Et la flamme des arbres Sur le point de vaciller, De...
Perdu de vous dans le miroir du monde. Oui, c’est bien cela, perdu Et mon ombre est sans reflets. C’est ici, près de l’arbre vert Que je vous ai aperçue, Un jour, dans le tumulte de l’heure. Et jamais revue. Il fait froid et mon âme pleure. Vous reverrais-je...
Ici, fiché dans la terre, avec si peu d’espoir de devenir. Vous passez et ne me voyez pas. Vos yeux sont inféconds et vos lèvres muettes. Mon ombre est si courte en ces temps hivernaux. Bientôt, à mes pieds, la flaque sera de rouille Et mes branches dépouillées....
Si belle dans votre tailleur de laine grège. A peine une apparition dans le calme du parc. Vous sembliez songeuse, A mille lieues de vous. Perdue, en somme. Vous reposant, un instant, Sur mon assise verte. J’ai senti votre soie glisser, Votre chaleur...
Vous êtes dans le pli de vos draps. Seulement attentif à votre corps, à la liane qui l’attache encore au murmure de la nuit. Au-dessus de votre tête, c’est comme un ruissellement de gouttes claires, une sudation perlant des murs. Pleurs sur la paroi de...
Si peu visibles, dans le jour qui vient. A peine consistance du songe, vol du martinet contre la vitre du ciel, brume flottant sur la lagune. Etes-vous VRAIMENT présents ? Ou bien, alors, ne demeurez-vous dans votre enceinte de peau qu’à l’aune de mon...
C’était comme d’être seul au monde et d’en être affecté jusqu’à l’absurde. Que faisais-je, là, dans cette ville inconnue, derrière ces ferrures verticales qui ressemblaient tant aux barreaux d’une geôle ? Ressemblais-je à Roquentin errant dans le jardin...
Fallait-il ruiner la passion, édifier une nouvelle raison ? C’était comme cela que ça avait commencé. De grandes zébrures avaient envahi la neige du ciel, de grandes failles s’étaient ouvertes et des millions de phosphènes éblouissants comme mille comètes...
Photographie : Nadège Costa. Tous droits réservés. Libre de vous dans le jour qui vient. Que veut donc signifier cette mince ritournelle fichée dans l’espace des rêves ? Et qui ne veut point partir. Qui fore son trou à l’aune de son mince grésillement....
Œuvre : Barbara Kroll *** Cela faisait trois mois que j’avais emménagé Place Furstemberg - cette bonbonnière urbaine avec son ilot planté de trois arbres -, dans un immeuble de pierre et de brique au sommet duquel j’avais loué un genre d’atelier d’artiste,...
« La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. » (Genèse - 1 : 12). A l’origine, l’herbe avait constitué le début d’une fable, les prémices...
Une simple irisation à la face de l’eau, un reflet, le miroitement de l’onde. Sommes-nous jamais plus que ce tremblement ? Cette vibration du temps qui, un jour nous visite, le lendemain, nous laisse les mains vides, le cœur irrésolu, l’âme égarée ? Est-ce...
Photographie : Céline Guiberteau. « Le monde aurait pu être aussi simple que le ciel et la mer ». André Malraux. Cela faisait une éternité qu’Adam marchait sur la surface rugueuse de la Terre. Il avait franchi des vallons verdoyants, longé des falaises...
Vous étiez sur la rive, pareille à une apparition. Sur le sable léger, votre corps nu était posé comme la nacre au fond du coquillage. A peine une brume et déjà l’on était en partance pour un pays au-delà des rêves. C’était le printemps, il est vrai,...
Chambre Adèle Nègre Nous regardons cette image faire sa tache, ombre sur ombre. Nous regardons et sommes dans l’illisibilité d’elle. Comme si elle se refusait à nous, se dissimulait à l’inquiétude de notre vision. Mais qu’a-t-elle donc à cacher qui ne...
C’était tellement toi, cette basse ligne d’horizon, cette étendue de pierres noires, ce ciel bleu et son effacement blanc, ce vol de flamants si haut qu’il se perdait à la vue, simple fuite dans l’inclinaison du jour. Tellement toi ! Il suffisait de te...
Mai 2015 – Nadège Costa – Tous droits réservés. « L’univers soudain à portée de main toujours par-delà Lorsqu’on dit … « Viens ». Eros émerveillé. Anthologie de la poésie érotique française. *** Nue et le voile Jamais Nue n’est sans le voile. Jamais le...