en
hommage à nelson mandela.
Symphonie en noir et blanc.
Source : Wikipédia - Créative commons.
Petite incise : une symbolique des couleurs.
Brillants : les diamants de l'envie, de la gloire, de la domination.
NOIRS : Les Hommes soumis, exploités.
BLANCS : Les Hommes qui exploitent, dominent, soumettent.
ARC-EN-CIEL : Les couleurs de la réconciliation. Le nouveau pacte fondateur.
[ Le court texte ci-après voudrait, d'une manière symbolique et dans l'extrême pudeur, rendre hommage au grand homme qu'a été Nelson Mandela tout au
long de sa vie. Pour tous, il demeurera un modèle d' humanisme à valeur universelle. Ce que, toujours il devrait être, mais qu'il est trop rarement. ]
Toutes les couleurs sont
égales. Cependant…
Sur les corps couleur de nuit coulent les ruisseaux de la peur. L'angoisse est là qui fait ses mailles serrées, contraint au silence, à l'immobilité. La nuit
est une étoupe, une souricière et les étoiles sont absentes. Le ciel est vide. Le ciel est aveugle.
Dans les baraques, sur les lits de planches, le sommeil est étroit, traversé de flammes blanches. Les flammes des diamants
qui habitent les filons de glaise sourde. Les flammes qui creusent les âmes, ravagent les consciences, allument le désir des hommes.
Blanc est le désir, noire la peur. Longues zébrures couleur de braise sur les peaux
meurtries. Elles disent, en lignes simples, le langage de la domination. Celui de la soumission aussi. Dans les boyaux étroits, dans les galeries brumeuses, les corps d'obsidienne souffrent en
silence. La douleur est toujours la plus vive quand elle n'autorise même plus la parole. Au-dessus des sombres venelles où agonise l'espoir, sont les entrepôts avec leurs grandes bâtisses
coloniales. Sous des opalines vertes, sur des tapis sombres brillent les gemmes de l'envie.
Blanc est le pouvoir. Blancs sont les visages fascinés par les éclats pareils aux longs
filaments des comètes. Blanc est le sentiment qui contraint, opprime, réduit à néant l'essence de l'homme. Blanc est
l'abîme du néant où le sens se dissout avec sa consistance de brume.
Noire est la condition des hommes à la peine. Partout où errent leurs effigies d'ébène se révèle la ténèbre, gire l'orbe de
la finitude. La nuit est une étoupe et les étoiles sont vides. La nuit est dans les corps et fait son bruissement, son cri assourdissant de chauve-souris. Les membranes de l'incompréhension, de
la folie, du désarroi sont partout palpables et les abris de planches et de goudron sont le refuge des erratiques. Noir bitume où tout s'englue, où
tout sombre et s'incline au désespoir.
Toutes les couleurs sont égales.
Cependant…
Le temps est long dans les sillons de terre. Le ventre des choses est comme déserté. Rien n'en sortira qu'une noire
solitude. Les pierres, dans l'ombre, allument des convoitises, incisent les regards. La sclérotique des Blancs est une porcelaine dure sur laquelle ricoche la
lumière. La pauvreté aussi. La pauvreté est noire, elle ne connaît pas la clarté. Les mains sont noires, noueuses, usées comme
de vieilles racines. D'autres mains sont blanches. Lisses. Les feux des pierres s'y allument. Les coupures vertes s'y consument comme des braséros ultimes. Il
n'y a d'autre but que cette éternelle combustion. Les pierres sont infiniment précieuses, icônes dans le noir compact des rhizomes souterrains. Les rhizomes
enserrent les corps dans une gangue nocturne. Les étoiles ont déserté le ciel et l'immensité est vide.
Toutes les couleurs sont
égales. Cependant…
Long est le temps qui fait ses cordes tressées. Longue est la peur qui enserre les ventres. Ventres pareils au ventre sombre et étroit de la terre, là où
s'abolit le langage. Longue la couleur noire saturée d'indicible. Noire est la lumière, Noir est
l'Homme qui, soudain, surgit au firmament parmi les nuées d'incompréhension. Noir est l'espoir qui se fait jour alors que les Blancs oppressent, divisent, parquent. Noir d'un côté. Blanc de l'autre. Frontière au milieu. Pas de gris
qui dirait la perte du Blanc dans le Noir, la perte du Noir dans le Blanc. Certaines couleurs : incompatibles. Métissage : mot interdit, pratique interdite. Il y a des réalités qui ne peuvent avoir lieu, des partages délétères, des actes
prohibés. Alors on dresse les murs de la honte, on établit les frontières. La résidence est Blanche. Le taudis est Noir. Et,
ainsi, à l'infini, selon l'imaginaire sans fin de la barbarie. "A visage humain", disait avec raison le Philosophe.
Toutes les couleurs sont
égales. Cependant…
Noir est l'homme qui, soudain, inverse la logique des peuples. Noir est Noir. Certes. Blanc est Blanc. Sans doute. Mais comment une humanité pourrait se construire sur cette
sommaire dialectique ? Comme si les couleurs, de toute éternité, avaient été prédestinées à ranger les hommes selon leurs mérites, leurs valeurs. Combien tout ceci devient tout à coup détestable,
hors jeu, impensable. Noir est l'homme qui crée, à la force de ses convictions, à l'amplitude de son intelligence, à la capacité de visionnaire la Nation arc-en-ciel. Car toutes les couleurs sont égales.
Toutes les couleurs sont
égales. C'est cela qu'il nous faut proférer haut et fort afin que Celui qui s'est levé un jour nous entende.
Sur la courbure infinie des consciences
NELSON,
Nous écrivons ton nom :
Négritude.
Espoir.
Liberté.
Solidarité.
Ouverture.
Non-violence.
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